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ABDELILAH BENKIRANE EN MODE SEDUCTION AUPRÈS DES JEUNES

ABDELILAH BENKIRANE EN MODE SEDUCTION AUPRÈS DES JEUNES

14 avril, 2016

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La salle de conférence de l’ESJC s’est agitée, ce mercredi 13 avril. Abdelilah  Benkirane, chef du gouvernement et président du PJD, daigne enfin se montrer après tout de même 45 minutes de retard. La salle est certes petite, mais l’ambiance y est conviviale, digne d’une réunion de famille.

On le sent, les 4 futurs journalistes qui quadrillent Benkirane ont le trac sachant que devant eux se présente une bête politique, un génie politique comme il est qualifié dans la première question qu’on lui pose, statut qu’il réfute net expliquant que la seule qualité qui l’a mené jusqu’à ce qu’il est aujourd’hui, est le fait de n’avoir jamais été naïf.

Tout de suite après, le chef du gouvernement revisite son passé, racontant d’un ton paternaliste et nostalgique, ses jeunes années, et ses habitudes de jeune étudiant, à l’instar de ses visites à Casablanca pour déguster des ‘’Ice Cream’’ provoquant l’hilarité du public.

La pression se relâche, le débat commence réellement lorsque le PAM est évoqué dans une des questions posées, meilleur ennemi du PJD.

Longue inspiration du chef du gouvernement, avant de reconnaître au PAM, l’incarnation d’une symbiose entre conservatisme et modernité, à ses débuts, chose qui a séduit les marocains, qui voyaient en des partis comme le PJD, peut être trop de conservatisme.

Les relations entre son parti et celui de Fouad Ali El Himma étaient normales, jusqu’au jour où ce dernier aurait déclaré lors d’une émission télévisée sur 2M, que les membres et les sympathisants du PJD n’étaient que des ‘’marginaux de la société’’, en d’autre termes, le secrétaire général du PAM aurait lancé les hostilités qui se traduisent depuis en cette guerre politico-médiatique que l’on connaît aujourd’hui.

Pris dans son élan de rancœur, le chef du PJD, n’y va plus par 4 chemins pour matraquer  le PAM, parti autoritaire qui selon lui a manqué d’intelligence préférant la force, les pressions, la tricherie et d’autres méthodes qui s’éloignent de la démocratie.

Moment choisi par l’un des étudiants de demander si un possible rapprochement dans le futur pourrait être envisagé, ‘’Jamais !’’ s’empresse de répondre le premier ministre, avant de préciser ‘’Pas tant que le PAM ne revoit sa ligne de conduite’’.

L’évocation d’Ilyas El Omari fait doucement rire Benkirane, qui estime que l’homme politique ‘’manque de vision et de clarté’’, et que ‘’ses déclarations sont dangereuses et gauches’’ donnant pour preuve les dernières polémiques soulevées par El Omari, à savoir ‘’Le danger que représentent les islamistes au Maroc (ndlr : les membres du PJD), la légalisation de la vente du Kif au Maroc et l’extrémisme dangereux que représente la radio Mohammed VI’’.

Les étudiants décident alors de questionner le chef du gouvernement, sur le PJD, notamment de savoir si Ramid lui succèdera à la tête du partit,  éventualité qu’il balaye d’un coup de main, pour ensuite répondre que c’est le partit qui décidera si une réforme de leur code interne sera envisagée pour permettre à Benkirane d’entamer un troisième mandat.

Le sujet d’actualité du moment, à savoir l’épineux dossier des enseignants stagiaires, a été mis à table par les étudiants, a laissé un moment de flottement durant lequel le chef du gouvernement a semblé hésiter avant de s’exprimer sur le sujet,  seulement pour que son conseiller vienne lui souffler quelque chose à l’oreille. Déclaration de Benkirane : « Ce dossier sera réglé aujourd’hui si Dieu Le veut » refusant de donner plus de détails. On comprendra par la suite, que M.Benkirane a reçu un appel (durant la conférence) du Ministre de l’Intérieur Mohammed Hassad, élément qui lui a permis de s’astreindre à cette déclaration

 Enfin, pour clôre le débat, le code de la presse  a été évoqué notamment en ce qui concerne sa réforme, Abdelilah Benkirane a assuré que des concertations sont en cours avec les professionnels du domaine, mais non sans reprocher aux journalistes un manque d’autorégulation, concédant que le journalisme est une profession qui dispose d’un certain pouvoir, encore faut-il faire preuve de responsabilité selon lui.

Hamza Makraoui


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