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ARTE consacre une soirée a l’histoire d’immigration

ARTE consacre une soirée a l’histoire d’immigration

10 juin, 2015

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Ce film est un voyage émouvant, parfois dérangeant, à travers cinquante ans d’archives audiovisuelles (documentaires, talk-shows, JT ou émissions de radio…) restituant les réalités contradictoires de l’immigration dans six des principaux pays d’accueil en Europe : Pays-Bas, Belgique, Royaume-Uni, France, Allemagne et Suède.

Sans commentaires ni analyses, ni même éléments de contextualisation, en dehors de quelques dates et noms de lieux, ces images parfois rares, presque toujours saisissantes, sont montées suivant un ordre à peu près chronologique, mais pas toujours, pour dérouler une histoire globalement connue. Elle commence dans les années 1950 et 1960 avec le recrutement massif de travailleurs des pays du Sud par une Europe du Nord en mal de main-d’œuvre. Dans les années 1970 et 1980, on prend progressivement conscience que ces immigrés sont installés durablement, tandis que l’augmentation du chômage entraîne des restrictions de l’immigration légale, grippe le processus d’intégration et voit croître les tensions, avec l’apparition des émeutes urbaines. Et dès la fin des années 1980, la montée concomitante de l’islamisme et des partis politiques surfant sur le rejet de l’immigration cristallise les conflits. Turcs, Grecs, Italiens, Espagnols…) et leurs sociétés d’accueil, cette juxtaposition de centaines de lieux, de visages et de voix, célèbres ou anonymes, apporte un éclairage inédit sur cette histoire. D’abord parce que ce récit est plurinational, mais aussi parce qu’il est rare, voire sans précédent, qu’un film laisse à ce point s’exprimer, sans filtre ni pincettes, des points de vue opposés sur ce sujet hautement inflammable politiquement.Le réalisateur René Roelofs et l’écrivain Paul Scheffer, auteur de deux livres sur l’immigration et le multiculturalisme, ont choisi de laisser s’exprimer librement les images et les paroles, qu’elles soient « pour » ou « contre » l’immigration, privilégiant leur émotion, leur force d’évocation ou leur signifiant historique. Ils racontent ainsi le déchirement de l’exil, le racisme, les discriminations, les batailles suscitées par l’islam, la montée de l’insécurité et des violences, les réussites et les failles de l’intégration, sans dicter d’interprétation au spectateur.


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