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Bac : jeûner ou ne pas jeûner, un «dilemme» pour les candidats musulmans de France

Bac : jeûner ou ne pas jeûner, un «dilemme» pour les candidats musulmans de France

19 juin, 2015

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Cette année, bac et ramadan coïncident. Une difficulté de plus pour certains lycéens, mais aussi «un moyen d’être plus concentré» pour d’autres. Témoignages .

Le coup d’envoi du ramadan, mois sacré de l’Islam, a été donné ce jeudi à l’aube en France. Intervenant à la période de l’année où les journées sont les plus longues, il implique un jeûne particulièrement éprouvant, puisque les périodes pendant lesquelles les fidèles ne peuvent entre autres ni boire ni manger dépassent les 18h. Une épreuve de plus pour les jeunes candidats au baccalauréat, déjà bien souvent stressés par ce premier pas vers l’enseignement supérieur.
«A l’impossible nul n’est tenu»
Pour faire face, chacun sa méthode. Certains, à l’instar de Bassam, ont décidé de ne pas jeûner pendant la période des écrits. «Pour avoir de l’énergie pendant les épreuves, j’ai vraiment besoin d’un en-cas, et je ne voulais pas prendre le risque de ne pas être en forme» explique le jeune homme, candidat en région parisienne. S’il explique que ses parents le soutiennent dans cette décision, «ce n’est pas le cas de tout le monde», dit-il. «Je mange dans mon coin, mais les gens ne le prennent pas toujours bien», confesse le jeune homme.
L’interprétation des dérogations possibles fait en effet débat. En théorie, seuls les voyageurs, malades, personnes âgées et femmes enceintes ou allaitant de jeunes enfants peuvent se soustraire au jeûne. «Passer un examen n’est pas considéré comme une raison valable d’abandon du jeûne», rappelait ainsi à l’AFP Anouar Kbibech, prochain président du Conseil français du culte musulman (CFCM). Avant de nuancer: «Il peut cependant y avoir des situations où la personne n’arrive pas à assumer le jeûne. A l’impossible nul n’est tenu».
Faire la sieste pour tenir
Mais pour certains, comme Soumaya, ce hasard du calendrier n’est qu’ «une petite difficulté supplémentaire». Sereine avant les épreuves, elle confirme ce sentiment après avoir rendu sa copie d’histoire-géographie. Le plus dur, dit-elle, «ce ne sont pas les épreuves, mais l’ ‘après’, quand il faut retourner réviser tout l’après-midi et attendre 22h pour rompre le jeûne». Pour y remédier, elle fait la sieste l’après-midi. «C’est vraiment une bonne chose qu’il n’y ait qu’une épreuve par jour», juge la lycéenne, qui ajoute que cette concomitance n’entraîne pas que du négatif: «c’est aussi une motivation supplémentaire, on est plus concentré sur l’essentiel et Dieu nous aide», dit elle.
Mounir semble partager son point de vue. S’il évoque la fatigue et la difficulté de ne pas boire alors qu’il fait souvent très chaud dans les salles d’examen, il rappelle, malicieusement: «Quoi de mieux que de passer des examens pendant un mois sacré où les invocations et prières sont les bienvenues et exaucées?!»

Par Julie-Anne De Queiroz


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