• mar 12 décembre 2017  04:19
Bled.ma

L'info sans frontières

Dix ans après les émeutes dans les banlieues françaises

Dix ans après les émeutes dans les banlieues françaises

26 octobre, 2015

[ - ] A [ + ]

Dix ans après les émeutes dans les banlieues françaises, le Premier ministre Manuel Valls a annoncé plusieurs mesures ce lundi. Concernant le logement social, les préfets pourront désormais se substituer aux maires qui refusent de faire appliquer dans leurs communes la loi Solidarité et renouvellement urbains (SRU). Cette dernière oblige à avoir 25 % de logements sociaux.

« Les préfets de départements se substitueront aux maires ne respectant pas leurs obligations au regard de la loi relative à la solidarité et au renouvellement urbain », est-il ainsi écrit dans le dossier de presse du comité interministériel consacré à la politique de la Ville, présidé lundi par Manuel Valls aux Mureaux (Yvelines).
Le Premier ministre a d’ailleurs rendu publique lundi une liste de 36 communes, principalement dans le sud de la France et en banlieue parisienne, « qui ne respectent pas leurs engagements » en matière de construction de logements sociaux. Provence-Alpes-Côte d’Azur est la région la plus représentée avec 17 communes, devant l’Ile-de-France (8), le Languedoc-Roussillon et Rhône-Alpes (5 chacune) et l’Aquitaine (1), dans cette liste publiée à l’occasion d’un comité interministériel consacré à la mixité sociale et à la lutte contre les discriminations aux Mureaux (Yvelines).
La généralisation des « caméras piétons »

Un programme de renouvellement des origines sociales des élèves des écoles administratives sera également mis en œuvre progressivement à partir de la rentrée 2016. « Les 75 écoles de formation devront s’engager au premier semestre 2016 sur un plan permettant de renouveler les origines sociales de leurs étudiants pour une mise en œuvre à la rentrée 2016 », a indiqué le Premier ministre. « Il n’y a pas assez de hauts fonctionnaires issus des milieux populaires, et ce n’est pas normal. Le décalage entre les élites et la société est trop important », a estimé Manuel Valls, en se défendant « de faire de la diversité un objet exotique » ou « de promouvoir la discrimination positive ».
Autre annonce du Premier ministre : la généralisation des « caméras piétons » pour lutter contre les discriminations et protéger les policiers. Fixées sur le torse des forces de l’ordre expérimentées depuis trois ans dans la police, elles vont « faire partie de l’équipement classique des forces de l’ordre sur le terrain », a annoncé lundi Manuel Valls. L’expérimentation de ces caméras, qui permettent à la fois de protéger les forces de l’ordre et de vérifier qu’une intervention s’est produite conformément à la déontologie policière, a été « concluante », a jugé le Premier ministre en annonçant leur généralisation, sans calendrier précis.

Délégués gouvernementaux

Le chef du gouvernement a également promis une campagne nationale de « testing », une technique visant à simuler des situations réelles pour identifier de possibles pratiques discriminatoires. Elle sera lancée « fin 2015 » dans le monde du travail, a confirmé Manuel Valls. Cette campagne, promise par François Rebsamen en mai, se terminera par une synthèse publique mi-2016 et un « dialogue » avec les entreprises qui auraient été épinglées, a annoncé le Premier ministre.
Manuel Valls va par ailleurs nommer des délégués gouvernementaux dans dix villes ayant des quartiers considérés comme difficiles, dans le cadre d’une expérimentation visant à améliorer l’action locale des pouvoirs publics, a-t-il annoncé lundi. Trois villes ont déjà été retenues : Trappes (Yvelines), avec le quartier des Merisiers-Plaine de Neauphle, Mulhouse-Illzach (Haut-Rhin), avec le quartier intercommunal Drouot-Jonquilles, et Avignon (Vaucluse), avec le quartier Monclar-Rocade Sud. « Comment mieux casser les logiques de ségrégation, lutter contre les discriminations et prévenir la radicalisation si on n’améliore pas nos méthodes de travail ? J’ai donc décidé sur dix villes – concernant 17 quartiers – de nommer dix délégués du gouvernement rattachés aux préfets », a annoncé le Premier ministre dans son discours de clôture d’un comité interministériel consacré à la mixité sociale et à la lutte contre les discriminations aux Mureaux (Yvelines).
Ces délégués, qui agiront « en lien avec le maire », auront pour mission de redonner « force et cohérence à l’action publique locale ». Chaque délégué « aura l’autonomie nécessaire, notamment budgétaire, pour mobiliser les ressources du territoire – administration comme associations – afin de bâtir de manière réactive et créative des solutions sur mesure pour obtenir des résultats tangibles pour les habitants », a expliqué Manuel Valls.

AFP


Laisser un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *