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Elections au Burkina : des appels pour bannir le discours ethnique et religieux

Elections au Burkina : des appels pour bannir le discours ethnique et religieux

12 novembre, 2015

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A l’approche des élections couplées présidentielle et législatives au Burkina Faso, prévues le 29 novembre, les appels se multiplient invitant les différentes parties concernées à un sursaut national et à bannir le discours ethnique ou religieux.

Ainsi, une coalition d’intellectuels, professeurs, notables et activistes ont invité la population et les candidats à ne pas utiliser le ressort ethnique ou religieux lors de la campagne des prochains scrutins, ouverte depuis dimanche dernier. « Nous appelons les autorités religieuses et coutumières ainsi que les leaders d’opinion à rappeler à la raison républicaine les hommes politiques tentés par le discours identitaire et à dénoncer de telles dérives comme de graves menaces à la cohésion nationale », soulignent-t-ils dans une déclaration relayée par l’Agence d’Information burkinabè (AIB). S’adressant aux quatorze candidats à la présidentielle, les signataires de la déclaration appellent à la retenue dans le discours politique et appellent « tous les partis politiques et tous les candidats à s’engager officiellement à bannir de leurs discours la référence aux identités, à l’origine ethnique ou religieuse avant, pendant et après les élections », ajoute la même source. De même, le Cadre de Concertation de Sages (CCS) a lancé un appel à tous les Burkinabé et en particulier aux leaders politiques et à leurs militants, sollicitant dans tout le sens de la mesure, le respect de tous et de chacun, la primauté de l’intérêt suprême qu’est la Nation et son Histoire. ‘’Nous devons tous cultiver l’honnêteté intellectuelle, l’esprit de tolérance et le respect scrupuleux du Pacte de Bonne Conduite signé par les Candidats, les Partis ou Formations politiques, les Organisations de la Société Civile (OSC), les Médias et Agences de Publicité ou de Communication le 21 Aout 2015 sous l’égide du Président du Faso’’, ajoute le CCS. Créé en juillet dernier à l’initiative du président intérimaire du Burkina, Michel Kafando, le Cadre de Concertation de Sages est un organe de médiation, ayant pour mission d’œuvrer, autant que besoin ou en temps de crise, au rapprochement des positions des acteurs politiques, militaires et civils. Notant que les secousses d’octobre 2014 et de septembre 2015 ‘’indexent notre pays et sa Transition comme un modèle dans le domaine de la lutte pour la conquête de la liberté et de la démocratie’’, le CCS estime que ‘’Tous ensembles nous devons relever le défi de franchir sereinement le dernier obstacle qui nous sépare de l’alternance démocratique’’. Aussi, le Cadre de concertation de sages invite-t-il toutes les parties impliquées dans le processus électoral ainsi que tous les acteurs à tout mettre en œuvre pour une issue heureuse avec des élections apaisées, justes et crédibles. Dans un message adressé à la nation à la veille du lancement de la campagne électorale, rappelle-t-on, Michel Kafando avait fait remarquer que l’objectif final, qui est de bâtir une société plus libre et plus démocratique, ‘’plutôt que de nous diviser, devrait nous unir dans un même combat’’. ‘’Les enjeux nous apparaissent si énormes au plan national et international, que nous devons tout mettre en œuvre pour ne laisser aucune place au risque d’échec’’, a souligné de son côté le président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), Barthélémy Kéré. Dans la foulée, il a appelé tous les acteurs à la raison et à la responsabilité pour que la campagne électorale ne constitue pas ‘’un moment de spectacles désobligeants, une tribune de pugilats verbaux, encore moins un espace de prolifération de la violence sous toutes ses formes’’. Plus de 5,5 millions de Burkinabè sont appelés aux urnes le 29 novembre prochain pour élire le président du Faso et les députés, et mettre ainsi fin à la période de transition entamée depuis l’insurrection populaire et le départ du président Compaoré qui a passé 27 ans à la tête du pays. Les élections couplées, législatives et présidentielle, étaient prévues le 11 octobre dernier mais ont été reportées en raison du coup d’Etat raté perpétré le 16 septembre dernier par l’ex-Régiment de sécurité présidentielle (ex-RSP) qui a été dissout récemment. Au total, 14 candidats sont engagés dans la compétition présidentielle, alors que 81 partis politiques et 18 regroupements d’indépendants sont en lice pour les élections législatives. Selon des médias locaux et des observateurs, ces consultations sont jugées cruciales pour l’avenir du Burkina Faso classé parmi les pays les plus pauvres du monde. Côté sécuritaire, auquel le gouvernement accorde un intérêt tout particulier, près de 25.000 policiers, gendarmes et militaires ont été mobilisés pour sécuriser cette campagne électorale, dans un contexte sécuritaire fragile, marqué par la montée des menaces terroristes dans la sous-région.

MAP


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