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ESPAGNE : LE CONSERVATEUR RAJOY TEND LA MAIN LA MAIN AUX AUTRES PARTIS

ESPAGNE : LE CONSERVATEUR RAJOY TEND LA MAIN LA MAIN AUX AUTRES PARTIS

22 décembre, 2015

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Le conservateur espagnol Mariano Rajoy (PP) s’est retrouvé  devant l’impossibilité de former un nouveau gouvernement, les deux principales formations de gauche lui barrant la route, au lendemain des législatives de dimanche.

Les Espagnols ont infligé une défaite sans précédent aux deux grands partis historiques, alternant au pouvoir depuis 1982 : le Parti populaire (PP) et le Parti socialiste (PSOE). Le PP de Mariano Rajoy est resté le premier parti du pays (28,7% 123 sièges) mais a perdu la majorité absolue de 176 sièges sur 350 dont il disposait et a réalisé son plus mauvais score depuis 1989. Le PSOE, deuxième, n’avait jamais fait pire, avec 22% des suffrages et 90 sièges. Quant aux deux nouveaux partis prônant le changement — Podemos (extrême-gauche) et Ciudadanos (centriste) — ils s’apprêtent à faire leur grande entrée au parlement.

Lundi soir après avoir lui-même fait la liste des difficultés de son gouvernement, et redit que des «épisodes de corruption» avaient fait «beaucoup de tort» au PP, Mariano Rajoy a proposé un «dialogue» aux autres formations afin de permettre la constitution d’un gouvernement. «L’Espagne ne peut pas se permettre de vivre une période d’incertitude politique qui mette par terre tous ses progrès», a-t-il déclaré après une sombre journée à la bourse, qui a perdu 3,6% en clôture. C’est pourquoi, «le Parti populaire a une responsabilité et un mandat pour lancer un processus de dialogue», a-t-il ajouté. Rajoy a précisé qu’il tendait la main aux formations défendant l’unité de l’Espagne, son ordre constitutionnel ou encore ses engagements européens, autrement dit Ciudadanos et le Parti socialiste, excluant de facto Podemos.

La gauche dit «no» et les centristes s’abstiennent.

A la mi-journée pourtant, les partenaires potentiels du PP semblaient avoir déjà fermé la porte à Mariano Rajoy, au pouvoir depuis 2011. «Le PSOE va voter non au Parti populaire et à Rajoy», a déclaré Cesar Luena, numéro deux du PSOE. «Podemos ne permettra d’aucune manière un gouvernement du PP», a dit Pablo Iglesias, dirigeant de la formation anti-austérité, troisième avec 20,6% des voix et 69 sièges.
Le libéral Ciudadanos — qui aurait pu être le seul grand allié du PP — a précisé qu’il s’abstiendrait lors de la séance d’investiture, prévue courant janvier. Son chef Albert Rivera, a cependant souhaité que la «législature démarre», et s’est dit disposé à laisser Mariano Rajoy gouverner en minorité. «Les Espagnols exigent de nous un sens des responsabilités», a-t-il ajouté. Albert Rivera a considéré qu’il y avait à gauche une tentative de créer une coalition de plus d’une dizaine de partis contre le PP, une option qu’il juge «non viable».

Agences


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