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ÉTATS-UNIS : L’ESPÈRANCE DE VIE A RECULE, UNE PREMIÈRE DEPUIS 1993

ÉTATS-UNIS : L’ESPÈRANCE DE VIE A RECULE, UNE PREMIÈRE DEPUIS 1993

8 décembre, 2016

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Un enfant né en 2015 aux États-Unis peut espérer vivre en moyenne jusqu’à 78,8 ans, une baisse de 0,1 an par rapport à l’année précédente.

Une première depuis 22 ans. En 2015, l’espérance de vie des Américains a reculé selon un rapport des autorités sanitaires publié jeudi 8 décembre qui montre un net accroissement du taux de mortalité. Il s’agit de la première baisse depuis le pic de la crise du sida en 1993. Un enfant né en 2015 aux États-Unis peut espérer vivre en moyenne jusqu’à 78,8 ans, une baisse de 0,1 an par rapport à 2014 (78,9) qui était un record, indiquent les statistiques des Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC). Ce recul est attribué à une augmentation de la mortalité résultant de la maladie d’Alzheimer, la plus grosse augmentation et de loin (+ 15,7 %), mais aussi de pathologies cardiovasculaires (+ 0,9 %), de maladies respiratoires chroniques (+ 2,7 %), rénales (+ 1,5 %), d’accidents (+ 6,7 %), d’attaques cérébrales (+ 3 %), du diabète (+ 1,9 %) et des suicides (+ 2,3 %).
Note encourageante, la mortalité liée au cancer a baissé l’an dernier (- 1,7 %) par rapport à 2014, précisent les CDC tandis que le nombre de décès résultant de la grippe et de la pneumonie est resté inchangé. Pour les hommes, l’espérance de vie en 2015 a été de 76,3 ans et de 81,2 ans pour les femmes, une diminution de respectivement 0,2 et 0,1 année sur 2014, fait ressortir le rapport. En revanche, l’espérance de vie à 65 ans a été inchangée par rapport à 2014 : une personne de cet âge en 2015 peut espérer vivre encore 19,4 ans en moyenne (20,6 ans pour les femmes, 18 ans pour les hommes). Les CDC font également part d’une toute petite hausse de la mortalité infantile (pour les bébés de moins d’un an) en 2015 avec 589,5 décès pour 100 000 naissances contre, 582,1 pour 100 000 en 2014, mais cette différence est statistiquement insignifiante. Une augmentation de 11,3 % du nombre de cas mortels de blessures accidentelles a été le changement le plus notable dans les dix principales causes de décès des nourrissons l’an dernier.
86 000 décès de plus
Un total de 2,7 millions de décès ont été enregistrés en 2015 aux États-Unis, soit 86 000 de plus que l’année précédente. Le taux de mortalité de la population américaine a donc augmenté de 1,2 %, ce qui représente le premier accroissement depuis 1999, relèvent les auteurs. « C’est inhabituel, 2015 a été différent des autres années », a pointé le Dr Jiaquan Xu, épidemiologiste aux CDC, principal auteur de ce rapport. « Il apparaît qu’il y a eu plus de décès que durant les dernières années », a-t-il ajouté, soulignant qu’il faut remonter à 1993 pour retrouver un recul de l’espérance de vie. Cette année-là, le taux de mortalité avait atteint un record aux États-Unis avec la crise du sida combinée à une importante épidémie de grippe qui avait provoqué davantage de décès que d’habitude. Les gains de longévité enregistrés durant des décennies depuis la Seconde Guerre mondiale ont surtout résulté des avancées médicales, d’une amélioration de l’hygiène, de la nutrition et de l’éducation ainsi que de politiques de santé publique comme la lutte contre le tabagisme.
Selon une étude parue fin 2015, menée par l’Américain Angus Deaton, Prix Nobel d’économie, la mortalité chez les Américains blancs d’âge moyen, qui était en déclin depuis 1978, a recommencé à augmenter depuis quinze ans en raison des abus d’alcool, de drogue et des suicides, surtout chez les populations défavorisées. Au classement de la longévité de la Banque mondiale en 2014, les États-Unis étaient derrière près de 40 pays. Le Japon était en tête avec une espérance de vie de 84 ans, devant la Suisse (83 ans), la France, la Suède et le Canada (82 ans) ou encore le Chili (81 ans).

AFP


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