Culture

Faouzi Laatiris expose à la Galerie FJ

Ajouté le mardi 10 F�vrier 2009

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L’artiste contemporain Faouzi Laatiris expose ses peinture et ses sculptures jusqu'au 5 mars 2009 à la Galerie Fatma Jellal ( 4 rue de la Réunion, Bourgogne, derrière le lycée lyautey, Casablanca). Un panel d’œuvres audacieuses réalisées in situ et entièrement produite par la galerie : objets hétéroclites, univers fantastiques, connotations d’ordre symbolique, sculptures merveilleux …



Cet artiste novateur aborde des scènes familières et étranges avec un symbolisme exacerbé. Cette forme de représentation contemporaine revêt un caractère esthétique et nous fait penser à la théorie de Clement Greenberg qui définissait l’art contemporain comme la recherche de la spécificité du médium.
A l’entrer, l’artiste nous fait voir une surprenante installation en glace dont la forme rappelle celle de la benne à ordures. Miroir impressionnant, ce container trapézoïdal nous invite à repenser notre environnement collectif et remettre en question notre espace urbain. Cette forme de la benne s'est imposée à l’artiste depuis quelques années déjà et cela sous forme de dessin, de gouache et de gravure, mais c’est pour la première fois qu’il la présente à travers le processus de la préparation des plaques de verre pour souligner la transparence et rendre légère "la monumentalité" de la forme.
Tout en face, deux façades en métal monochromes ( feuilles d’or et peinture rouge) conçues pour atténuer l’effet choquant de la benne /container et nous fait voir l’autre grand choc iconographique: un alignement de chevaux ailés et à tête humaine ( pégases nommées Bouraq) dont les visages représentent l’effigie des personnages historiques ou contemporains qui ont fait l’histoire de la connaissance humaine universelle ( l’artiste Joseph Beuys, le poète illuminé Omar Khayyam, le musicien virtuose Mozart) sans oublier la représentation sculpturale de l’artiste et de Fatima, la galeriste.
Les chevaux de Laatiris en volume ( fibre de verre, résine, marbre, métal et poudre d’or) sont moulés entièrement d’un blanc immaculé et marqués par des touches dorées qui font référence, au point de vue symbolique, au monde spirituel et sacré de l’art et de la culture. L’artiste est soucieux de mettre en scène le rapport interactif entre la peinture et la sculpture, en dégageant tous les éléments afférents à la plasticité au sens propre du terme. Il s’agit d’un travail élaboré et structuré en termes de conceptualisation et d’expérimentation. C’est d’ailleurs l’esprit de l'art contemporain qui se dit conceptuel, c'est-à-dire que, partant d'un concept, on arrive à procurer une sensation.

Dimensions variables

En travaillant sur la mémoire tatouée, Laatiris a bien conçu une série de petits formats, qui nous font penser aux images emblématiques de notre enfance et à nos temps perdus (Sidna Soleimane avec son sabre, Adam et Eve, le pommier et le démon grimé en serpent tentateur, Abraham sur le point de sacrifier son fils …).
A l’étage un billet de 2$ plié en hexagone et richement encadré au même titre que les autres tableaux de l’étage. Ce billet / container dénote la crise financière mondiale. On retrouve également la représentation d’un manuel scolaire en arabe « Iqraa de Boukmakh » (objet cadre, collage), un clin d’œil sur notre enseignement primaire.
L’artiste a bien voulu boucler son exposition par un diaporama / vidéogramme qui se présente comme un kaléidoscope d’images hybrides et détournées de leur sens premier, ce qui suscite l’interprétation et la lecture polysémique.
Hymne plastique à l’imagerie populaire et aux premières sources de notre iconographie universelle, cette exposition connotative exploite pertinemment les codes fascinants de l’art contemporain. En ce sens, les œuvres exposées sont un questionnement profond sur l’espace vécu, le statut de l’image et les différents modes de représentation. Un sens de la scénographie et du design conditionne l'expression vive rendue à travers signes et allégories, tout en mettant en valeur les repères identitaires caractéristiques de l’ère de l’image.
Le pacte pictural et sculptural de cet artiste chercheur est un bel exemple de la représentation iconographique inédite reposant sur le détournement et le minimalisme. Les couleurs réalistes et symboliques sont sciemment traitées dans une atmosphère conviviale, mais combien problématique.

Par Abdellah CHEIKH





















 

 

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