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LE FESTIVAL DE FÈS REND HOMMAGE AUX FEMMES FONDATRICES

LE FESTIVAL DE FÈS REND HOMMAGE AUX FEMMES FONDATRICES

12 février, 2016

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La 22ème édition du Festival de Fès des musiques sacrées du monde sera organisée du 6 au 14 mai avec un hommage spécial dédié aux « Femmes fondatrices ».

Cette édition sera l’occasion pour rendre hommage à ces femmes bâtisseuses à travers une création originale et des artistes venus de plusieurs pays, notamment les Marocaines Samira Said et Hindi Zahra, l’Iranienne Sahar Mohammadi, l’Irakienne Farida Muhammad Ali, la Malienne Oumou Sangaré ou encore la Réunionnaise Christine Salem et la Brésilienne Virginia Rodrigues.Expliquant le choix de cette thématique, Abderrafih Zouitene, président de la Fondation Esprit de Fès, organisatrice du Festival, a souligné que l’histoire contemporaine du Maroc a été marquée par la continuité du rôle déterminant de la femme dans la vie du pays avec un événement majeur : le Code de la famille institué par le discours Royal du 10 octobre 2003 qui met le Maroc à l’avant-garde des pays arabes et musulmans.Dans une note de présentation, il a ajouté que les femmes au Maroc ont toujours joué un rôle primordial dans le progrès du Royaume, rappelant le rôle symbolique de Kenza El Awrabiya, l’épouse de Moulay Idriss à l’origine d’une unification et d’une fusion entre la base amazighe et arabo-musulmane qui a constitué le socle de l’identité marocaine.Outre l’épouse de Moulay Ismaël, Khnata Bent Bakkar qui occupait le poste de ministre et secrétaire personnelle de ce sultan, les femmes marocaines ont été, durant la période de la lutte pour l’indépendance, des résistantes et ont lutté pour l’indépendance du Maroc au même titre que les hommes, a expliqué Zouiten.Pour Alain Weber, directeur artistique Festival, le programme proposé pour cette édition se veut le reflet des différentes facettes du monde féminin au cœur de la musique et des arts dans la mesure où chacune des invitées se fait l’écho de la notion de savoir symbolisée par Fatima El Fihriya, autrement nommée Oum El Banine, à l’origine de la construction de la mosquée et de l’université Al-Qaraouiyine de Fès.Venues du monde arabe, de l’Asie lointaine, du Brésil, de l’Afrique, du continent indien, de l’Europe et bien sûr du Maroc, « ces femmes forment les grains d’un chapelet qui, pour reprendre le sens du chapelet (selsela) dans le soufisme, figure la transmission, aujourd’hui gage de renouveau et pôle de résistance contre une globalisation désincarnée ».Cette édition s’annonce riche en créations comme en témoigne le spectacle d’ouverture, un ciel plein d’étoiles, qui se veut un hommage exceptionnel aux femmes mythiques de l’Orient et du Maroc dont les histoires seront contées par Shéhérazade.Pour commencer, chacune de ces femmes sera incarnée par une artiste rare à travers des projections audiovisuelles qui proposeront à l’aide d’un grand orchestre une traversée dans le temps et l’imaginaire.Trois autres créations, « Durbar », « The King of Ghosts » et « Istanbul (..) Fès », seront initiées, érigeant Fès comme une terre où héritage et devenir sont intimement liés.Chaque édition mettra dorénavant en valeur un pays particulier. Cette année, l’Inde, dont de nombreux contes des Mille et Une Nuits sont d’ailleurs originaires, présentera son génie créatif.Les fastes des cours des palais des maharajahs et nababs d’antan auront permis l’émergence et la continuation d’une tradition et d’un savoir uniques qui seront exposés lors d’une joute musicale, « Durbar », présentée sur la majestueuse scène de Bab Makina.Une Nuit de la Médina spécialement consacrée à l’art du raga parachèvera cette immersion qui fera découvrir au public la réalité virtuose et contemplative de la musique dite classique à l’occasion de ces salons de musique.Ce périple nocturne connaîtra son point d’orgue avec le projet « The King of Ghosts » en unissant une équipe artistique indo-britannique et un orchestre marocain. Ce ciné-concert fait renaître au fil d’une partition originale un petit bijou du plus grand des cinéastes indiens, Satyajit Ray. Soumik Datta, virtuose du luth sarod, y personnifiera par son jeu détonnant Goopy et Bagha, héros aux aventures rocambolesques.Le festival sera aussi l’occasion pour de jeunes prodiges des castes manghaniyars et langas, poètes et chanteurs du désert du Rajasthan rassemblés dans l’ensemble « Chota Divana », pour présenter un art vocal d’une rare beauté aux enfants des écoles de Fès.Autre nouveauté 2016, le festival déploiera son aura jusqu’au cœur de la médina et son rayonnement s’étendra au-delà de ses lieux traditionnels.Ainsi, le magnifique jardin Jnan Sbil, récemment rénové, accueillera les concerts de 16h30 ainsi que le forum de Fès, créant un nouvel axe reliant la médina, Bab Al Makina et la Place Boujloud.Marionnettes géantes de l’Afrique sillonnant les ruelles de Fès, parcours musical initiatique à la découverte des fontaines de la médina et de la bibliothèque de l’Université Qaraouiyyîne d’après une idée de l’architecte Aziza Chaoui et de l’artiste Susie Ibarra, Caravane Taragalte du Sud Marocain installée à Jnan Sbil, résonneront par leur démarche nomade avec la beauté urbaine et architecturale de la cité.A l’instar des autres étoiles de la chanson marocaine, que le Festival des Musiques Sacrées a accueilli dans le passé, la star marocaine Mahmoud Al Idrissi sera également présent à Fès aux côtés de la chorale régionale de Fès, H-Kayne, Batoul Marouani, Mourad Bouriki Lamia Zaidi, Najat Atabou, l’orchestre Khalid Ali, Reda Taliyani Abdellah Yacoubi et Aminux.

MAP


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