Regards croisés: récits de femmes belges d'origine maghrébine confrontées à l'histoire" est le thème d'une rencontre organisée, mardi à Rabat, à l'initiative de l'Institut des hautes études de management (HEM), en partenariat avec la délégation Wallonie Bruxelles au Maroc et la Bibliothèque nationale du Royaume du Maroc (BNRM).
"Intervenant à l'ouverture de la rencontre, M. Driss Khrouz, directeur de la BNRM, a souligné l'importance de ce débat dans la mesure où il contribue à l'étude des vertus du dialogue entre civilisations et religions, faisant observer que nulle religion n'a le droit d'imposer ses visions aux autres, puisque chaque croyance religieuse a ses propres présentations et vérités.
Evoquant la question de la mondialisation, M. Khrouz n'a pas manqué de rappeler les avantages de ce phénomène dans l'ouverture notamment de nouveaux canaux de communication entre les différentes religions, relevant que l'élément historique dans cette quête revêt une portée déterminante à travers sa capacité de fournir aux civilisations du Monde des pistes de réflexions pour en tirer les enseignements.
De son côté, Mme Nouzha Bensalah, chargée de projet au ministère belge de la Communauté française, a précisé que le dialogue entre civilisations et cultures constitue le fondement du respect de la diversité culturelle et de la coexistence entre les nations.
S'agissant de la situation et de l'évolution des familles marocaines émigrantes en Belgique, Mme Bensalah a rappelé le processus historique complexe de l'intégration de celles-ci au sein de la société d'accueil, précisant que ces familles ont pu, avec le soulèvement des mouvements sociaux qu'a connus ce pays, s'adapter avec les réalités d'un nouveau système des valeurs occidentales.
Dans ce contexte, a-t-elle ajouté, les femmes marocaines ont réussi à traverser un monde qui était, selon elle, marqué par la domination des hommes, franchissant ainsi une nouvelle étape de leur intégration dans ce pays européen à travers notamment l'adhésion à la gestion de la chose publique.
Pour sa part, Mme Myriem Amrani, conseillère auprès du ministre belge des Pensions, des Grandes villes et de l'Intégration sociale, a mis en exergue l'intégration des femmes en Belgique en partant d'une approche socio-historique qui met l'accent sur le passage d'une étape où les femmes ont été assez impliquées dans les affaires de la famille, à une autre caractérisée essentiellement par leur adhésion à la vie sociétale à travers la création d'associations de la société civile.
L'action associative, assez exercée actuellement par les femmes émigrantes engagées, a ouvert à leur profit des perspectives prometteuses pour ce qui est de leurs revendications socio-culturelles, a-t-elle fait savoir, précisant que ces demandes sociétales consistent à garantir à leurs familles les moyens de vivre en harmonie avec les normes de la société d'accueil, notamment en matière d'éducation, de culture et d'intégration.
MAP