• mer 18 octobre 2017  21:28
Bled.ma

L'info sans frontières

« INTEGRATION », « CITOYENNETE » : UN MEGA-DIALOGUE SINON RIEN !

« INTEGRATION », « CITOYENNETE » : UN MEGA-DIALOGUE SINON RIEN !

7 juin, 2016

[ - ] A [ + ]

Un serpent de mer comme on en trouve rarement en ces temps où triomphe une postmodernité tout à la fois mondialiste et égotiste ! Telle est la sempiternelle et –toujours- sacro-sainte problématique de l’« Intégration ». Depuis la « Marche pour l’égalité » de 1983, présidents, gouvernements, médias et partis politiques rivalisent en « Plans Marshall », « stratégies », « visions » et autres « lois organiques » pour faire face à une question aussi épineuse. Pourtant -rien n’y fait !- pas grand résultat concret n’en est sorti. Seule la sociologie électorale prévaut chez les élites politiques,   économiques et (même) culturelles. Chacun se couvre tellement comme il peut de la phraséologie « intégrationnelle » qu’on le dirait national-« intégriste » ! Et personne n’ose avouer que derrière le sacré alibi de l’« intégration », il y a de solides velléités d’assimilation pure et simple. Au mépris d’une culture d’origine rêvée et non encore connue ! Face à ce jeu de « Saint-Vice de Vertu », ne sachant à quel saint ethnoculturel se vouer, pas moins de trois générations ont payé de leur âge, de leur santé physique et même mentale pour simplement identifier et occuper une place digne au sein de la société française sans y perdre leur âme.

Rien n’y fait, vous dis-je !

Que se passe-t-il en face ? « Si tu ne sais pas d’où tu viens, tu ne sauras jamais où tu iras », dit l’adage. Plus les années passent, et plus la soif de connaître la culture d’origine et la volonté d’en maîtriser les codes anthropologiques s’intensifient. Une nostalgie désespérée et désespérante, en somme. Aussi une frange de cette jeunesse n’a pas eu le souffle nécessaire pour résister ni à la « hogra » exclusionniste, ni à l’acculturation assimilative. Elle a alors versé dans une bien tragique facilité en empruntant deux directions apparemment opposées, mais objectivement parallèles sinon perpendiculaires : l’activisme takfiriste qui mène parfois jusqu’à l’abject, d’une part, et les trafics de toutes sortes, armes et drogue y compris, d’autre part. Combien de criminels, de terroristes, de grands délinquants d’extraction marocaine figurent aujourd’hui sur les fichiers noirs de la police et de la justice françaises ? Bien évidemment, les exceptions qui confirment cette règle existent et elles forcent l’admiration. Mais l’endurance n’est hélas pas assujettie à l’impératif de l’égalité. Tout le monde n’est pas Jamal Debbouze ou Ali Baddou! Du côté des pouvoirs politiques marocains, même lorsque la bonne volonté se manifeste, les approches demeurent gauches et, notamment par les intéressés, inintelligibles. Quant au tissu associatif voué à la question, qu’il se déploie ici ou là-bas, il se perd majoritairement dans les méandres du copinage et de l’opportunisme, tant politique que pécuniaire ! Plus grave est la volonté de certains milieux rigoristes, sûrement financés par les mannes provenant des contrées golfiennes, de combler la soif ethnoculturelle des générations issues de l’immigration marocaine au moyen de la littérature propagandiste wahhabite, plus que jamais obscurantiste et rétrograde. Au Maroc même, un « nettoyage éthique » salutaire a été accompli grâce à la structuration du champ religieux sous le label de la modération. Certes, certes. Mais, cette grande politique religieuse salvatrice n’a pas pu toucher les générations « hybrides » issues de l’immigration.

Comment s’y prendre aujourd’hui après tant de fiascos et de renoncements ?

Personne n’en sait toujours rien et personne, à lui seul, ne prétendre détenir la solution miracle. Il est donc temps de convoquer un méga-dialogue national sur le sujet, avec la collaboration et la participation active des dignes représentants des Marocains du monde (MDM), toutes générations confondues. A la condition fondamentale que cette représentativité soit dûment et sérieusement vérifiée et, en amont, validée. Ce méga-dialogue devra aboutir à l’esquisse d’une grande politique marocaine envers ces générations appelées à fondre dans le tissu socioculturel et démographique des nations d’accueil, certes, mais qui pourront et devront rester les vecteurs dynamiques du rayonnement du Royaume. Et ce sont ces vecteurs-là qui, au sein de la société d’accueil, renseigneront sur l’islam spirituel marocain estampillé de la véritable audace qu’est celle de la tolérance. La société d’accueil sera alors acculée à abandonner ses réflexes de l’amalgame. Et l’on sera déjà arrivé au commencement d’un cercle vertueux !

Un méga-dialogue, sinon rien, croyez-moi !

Par Abdessamad MOUHIEDDINE


Laisser un commentaire

Les commentaires sont fermés.