Les partis politiques belges aussi bien francophones que néerlandophones ont entamé depuis peu leur campagne en perspective des élections régionales que d'aucuns estiment décisives pour l'avenir politique du pays.
Si la question récurrente de la réforme des institutions revient le plus souvent dans les discours des politiques belges qui défendent un élargissement de l'autonomie des régions et une réduction des prérogatives régaliennes de l'Etat fédéral, leurs programmes semblent aujourd'hui occulter cette question au détriment de la crise économique et son impact social.
La crise économique a, en effet, hypothéqué le débat politique dans la mesure où ses effets se font sentir de plus en plus dans tous les secteurs d'activité. La Belgique est entrée en récession au premier trimestre de cette année, avec un recul de 1,6 pc de son PIB qui succède à une régression de 1,7 pc au dernier trimestre 2008.
Avec cette baisse de l'activité économique, les Belges ont tendance à consommer moins et à guetter l'avenir avec beaucoup d'incertitudes au regard des centaines de pertes d'emplois enregistrés dans des secteurs clé de l'économie nationale ces derniers mois et des déboires financiers des principaux groupes bancaires du pays. Face à ce climat morose, les partis politiques rivalisent d'idées et de propositions dans leurs programmes électoraux pour tenter de relancer l'économie et de limiter l'impact social de la crise.
Si pour les socialistes, cette crise a sonné le glas du libéralisme et qu'il est nécessaire de recadrer la vie économique et sociale sur de nouvelles bases de solidarité et de partage, pour les écolos, la recette miracle serait de passer au vert et de créer et redistribuer le bien-être tout en sauvant le climat.
Les libéraux, eux, prêchent pour la bonne gouvernance et une meilleure gestion de la prospérité, en veillant aux grands équilibres. D'autres partis plaident pour des solutions à même de préserver l'emploi et la viabilité des entreprises, tout en resserrant les liens entre syndicats et employeurs. La campagne électorale pour les élections régionales du 7 juin couplées aux élections européennes qui seront organisées le même jour, focalise aussi l'intérêt sur l'épineux dossier des sans papiers au sujet duquel l'actuelle majorité n'arrive pas à s'entendre et dont les ficelles sont à rechercher au niveau européen dans le cadre d'une politique communautaire qui se veut plus drastique en matière d'immigration.
La campagne est également marquée par la course effrénée des candidats derrière les voix dites "allochtones". Certains d'entre eux renforcent leur présence dans les villes et quartiers à forte concentration d'immigrés et y multiplient les rencontres pour séduire un maximum d'électeurs.
A noter également un bon nombre de candidats d'origine étrangère, dont plusieurs Marocains qui participent à ce scrutin à l'issue duquel seront renouvelés les parlements wallon, flamand et celui de la région de Bruxelles-Capitale.
Si elle est considérée comme peu représentative de la force que constituent les populations d'origine étrangère, cette participation a connu, aux yeux de certains observateurs, une amélioration par rapport aux élections régionales de 2004.
Cependant, si les partis politiques battent campagne en utilisant tous les moyens pour convaincre les plus sceptiques, la question qui reste posée est celle de savoir si les programmes vantés seront suffisamment en mesure de contenir la crise sociale née des déséquilibres économiques et de donner des réponses satisfaisantes à leurs électeurs.
Par Adil ZAARI. MAP