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LA PRESSE POUR LES M.R.E.

LA PRESSE POUR LES M.R.E.

15 mai, 2015

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On ne cesse de nous rebattre les oreilles à propos de l’importance (numérique) de la Communauté des Marocains disséminés partout dans le vaste monde. Les décennies passant, on se complaît, toutes tendances politiques confondues, à ne mettre en avant, à n’illustrer que les aspects positifs ou … réjouissants de l’émigration de nos compatriotes.

Il est même souvent mis l’accent sur l’excellence du comportement de ces derniers dans toute société ou dans tout univers où ils évoluent ou se meuvent.

Une critique par ci par là pour faire bonne mesure et crédibiliser sous forme d’admonition à l’adresse des divers pouvoirs politique, économique, financier ou autre…   En gros, on incite à ne pas seulement considérer les individus composant cette catégorie (plus de 10% de la population totale du Royaume), comme des vaches à lait, des ressources à devises dont les banques nationales ainsi que l’Etat sont friands.

En un mot, à chaque fois dans les discours, les articles de la presse, les émissions de l’audiovisuel, la péroraison et l’effet rhétorique font le la de tout « le politiquement correct » en ce domaine particulier.

Mais ils sont, on en pèse le poids, trois millions au moins en dehors des frontières du Maroc, qui vivent et travaillent avec plus ou moins l’espoir de retourner un jour « chez soi » — et ne sont pas préoccupés uniquement que de gagner leur pain.Plus ou moins certainement, parce que les mentalités évoluent et changent, les générations se succédant.

Tous, les jeunes de la fin du vingtième siècle et du début décennal de celui-ci, s’intégrant de plus en plus dans leurs pays d’accueil jusqu’en arriver à ne plus considérer le retour au pays natal comme la conclusion inévitable d’une vie de labeur et d’investissement.

Nier que nombre de mesures ont été prises pour améliorer la situation de ces expatriés relèverait de la malhonnêteté intellectuelle — même s’il est nécessaire de souligner que la plupart restent souvent d’une portée plutôt cosmétique.

Dans le tableau, disons assez contrasté qu’offre à l’analyse comme à la description objective de l’émigration marocaine, on nous permettra d’attirer l’attention sur un aspect des choses qui est loin d’être anecdotique ou dérisoire.

Ces quelques millions, dont l’essentiel se trouve en Europe ont-ils, d’une manière ou d’une autre, accès à ce droit légitime à disposer, dans le choix par la diversité et la liberté, de la presse éditée dans leur pays. Depuis l’indépendance de 1956, c’est-à-dire largement plus d’un demi-siècle, aucun gouvernement sans exception ne s’est penché vraiment, soigneusement sur le problème permanent et récurrent de la diffusion de la presse marocaine (en arabe ou en français) à l’étranger. Ce n’est pourtant pas faute d’exemples qui pourraient susciter chez nous des initiatives louables dans ce domaine.

Des exemples ? Il faut aller voir du côté de la France essentiellement et de l’Egypte, de l’Algérie ou de la Tunisie… Selon des systèmes différents, ces pays ont tous une véritable politique de soutien et d’aide à l’exportation et à la distribution hors des frontières de leur presse : quotidiens, hebdomadaires et périodiques divers.

La presse française pour sa part dispose d’un organisme, instrument de promotion subventionné de très longtemps par le gouvernement pour que partout où la langue française se parle et se lit (pour les hexagonaux ou les autres), il puisse être possible d’accéder aux titres édités à Paris ou en province. Il s’agit de la fameuse agence pour la promotion et le rayonnement de la presse nationale française dans le monde.

Ici au Maroc, la production éditoriale étrangère, française pour l’appeler par son identité, celle qui surtout tient le haut du pavé (il est notoire que la société étrangère, devenue française au niveau de son capital presque totalement), bénéficie confortablement de ce soutien de l’ancienne métropole, aussi naturellement que régulièrement.

L’objection qui voudrait que l’Internet pallie quelque peu à l’absence des titres nationaux auprès des Marocains Résidant à l’Étranger ne nous paraît pas satisfaisante et nous laisse dubitatif, car cette utilisation en aucun cas ne peut remplacer la version originale sur papier qui seule est complète, permettant de resserrer les liens affectifs et intellectuels entre les Marocains des Ailleurs et la mère-patrie. Alors, que peut-on demander aux autorités compétentes de chez nous (ministères des M.R.E., Affaires étrangères, Communication, Transports, Finances et Primature… chefferie du Gouvernement), sinon de prendre à bras le corps ce dossier sensible et de commencer enfin à prendre les mesures draconiennes nécessaires. Et urgentes. Le « Royal Air Maroc » est ici interpellée en priorité pour cesser de considérer la presse comme un fardeau, une marchandise superfétatoire qui « alourdit » la gestion du fret dit normal, et qui serait seul vraiment lucratif. La RAM au tout premier rang doit donc s’illustrer en tant qu’entreprise citoyenne militante.

Il y a encore beaucoup à dire dans ce domaine, mais on sait que le ministre Anis Birrou, qui est en charge du département de l’émigration, avec une compétence avérée, songe très sérieusement à entamer enfin la réflexion autour de ce problème.On y reviendra encore et encore sur les colonnes de  (BM Magazine), qui elle, sans attendre, se bat depuis plusieurs années à asseoir sa présence sur tous les étalages des kiosques en Europe. A côté d’autres moyens modernes de transmettre sa production.

Autant que faire se peut, bien sûr !

 

Abdallah STOUKY

 


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