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L’Allemagne montre des signes de saturation

L’Allemagne montre des signes de saturation

14 septembre, 2015

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Les frontières allemandes rétablissent temporairement les contrôles, pour renforcer la sécurité. L’Allemagne montre des signes de saturation quant à l’accueil des réfugiés. En Méditerranée, une trentaine de migrants sont morts noyés.

Les contrôles ont été rétablis temporairement en particulier à la frontière germano-autrichienne pour des raisons de sécurité, a annoncé dimanche le ministre allemand de l’Intérieur, Thomas de Maizière. « L’objectif de cette mesure est de limiter l’afflux actuel vers l’Allemagne ».Selon la police, 16’000 demandeurs d’asile sont arrivés à Munich entre samedi matin et dimanche après-midi. La compagnie ferroviaire autrichienne ÖBB avait auparavant annoncé une suspension du trafic ferroviaire avec l’Allemagne. Le trafic est aussi interrompu en sens inverse jusqu’à lundi matin.

Centres saturés

Durant la nuit des samedi à dimanche, quelques dizaines de demandeurs d’asile arrivés à Munich ont dû dormir dehors sur des matelas isothermes et avec des couvertures, faute de place dans les centres. Les autorités ont réquisitionné le stade olympique pour des hébergements. M. de Maizières a par ailleurs déclaré que les réfugiés ne pouvaient pas « choisir » leur pays d’accueil dans l’UE, alors que l’Allemagne attend un record de 800’000 demandeurs d’asile cette année. Les règles européennes, qui imposent que les demandes d’asile soient déposées dans le premier pays d’entrée de l’UE, « doivent continuer à fonctionner », a-t-il ajouté.

Réunion lundi à Bruxelles

La décision prise par Berlin illustre l’urgence de s’entendre au plan européen pour faire face à l’afflux de migrants, a commenté la Commission européenne. Une réunion des ministres de l’Intérieur de l’Union se tiendra lundi à Bruxelles dans ce but. « La réintroduction provisoire de contrôles frontaliers entre Etats membres relève d’un cas de figure exceptionnel prévu explicitement par les accords de Schengen en cas de situation de crise », précise-t-elle dans un communiqué.Le ministre slovaque de l’Intérieur, Robert Kalinak, a d’ores et déjà averti qu’il opposerait un veto à toute décision que pourraient prendre sur des quotas obligatoires de migrants ses collègues des 28.

Course contre la montre

Les autorités autrichiennes ont pour leur part annoncé s’attendre à une nouvelle vague de Hongrie, après une brève accalmie. Les liaisons ferroviaires avec la Hongrie sont à l’arrêt depuis jeudi dans le but de contenir l’afflux. La République tchèque a pour sa part annoncé renforcer les contrôles à la frontière avec l’Autriche. En Hongrie aussi, un nouveau record d’arrivées a été enregistré samedi, avec 4330 réfugiés entrés dans un pays devenu le symbole d’une ligne dure face au flux de migrants.Ceux-ci se sont livrés ce week-end à une véritable course contre la montre pour tenter de gagner la Hongrie, d’où ils veulent rejoindre leur « Eldorado » allemand avant la fermeture hermétique de la frontière avec la Serbie, prévue mardi par une double ligne de fils de fer barbelés. Après l’Autriche samedi, la France a fustigé ce dispositif comme étant « hors des valeurs de l’UE ».

Centres d’enregistrement

Paris a appelé à la mise sur pied d’un dispositif d’accueil via des centres d’enregistrement communs dans les pays d’arrivée. La chancelière allemande avait elle appelé Athènes samedi à prendre ses responsabilités dans la protection des frontières extérieures de l’Union. Le ministre allemand des Transports Alexandre Dobrindt a renforcé la pression en réclamant des « mesures efficaces » pour « stopper l’afflux », les « limites de capacité » d’accueil de l’Allemagne « étant atteintes ».

Manifestations de solidarité

Dans plusieurs villes d’Europe occidentale (Londres, Copenhague, Stockholm, Genève, Fribourg), des manifestations réclamant plus de générosité dans l’accueil des réfugiés ont eu lieu samedi.Le ton était très différent dans l’ex-Europe de l’Est, où plusieurs pays refusent la logique des quotas. A Varsovie, des milliers de personnes ont arboré des banderoles « L’islam, c’est la mort de l’Europe ».En Méditerranée, 34 migrants, dont 15 enfants, se sont encore noyés dimanche entre la Turquie et l’île grecque de Farmakonis.

Agences


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