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L’arrêt des « Guignols », « un signal déplorable » selon la presse

L’arrêt des « Guignols », « un signal déplorable » selon la presse

3 juillet, 2015

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Après les réseaux sociaux et les politiques, la mobilisation contre l’arrêt des « Guignols de l’info » gagne la presse. Alors que le sort de l’émission satirique de Canal+ n’est pas encore officiellement fixé, les journaux français qualifient son possible arrêt de « régression », vendredi 3 juillet 2015, dénonçant en particulier le rôle que pourrait jouer Vincent Bolloré, président du conseil de surveillance de Vivendi, la maison mère de la chaîne cryptée.
Pour Les Echos, « l’affaire des Guignols illustre la “méthode Bolloré” » : « Comme à chaque fois qu’il gère un nouveau business, Vincent Bolloré se mêle de tout. » Libération, sous la plume de Jean-Christophe Féraud, ajoute qu’« au-delà des “Guignols”, Bolloré semble bien décidé à reprendre en mains la chaîne à péage ». Mais « l’industriel breton n’a sans doute pas pris la mesure du séisme qu’il risque de provoquer. Fermer une lucarne de l’humour et de la dérision, ce n’est pas fermer un site de production. C’est faire tomber un monument de la satire française. C’est, surtout, faire planer l’ombre d’une censure qui ne veut pas dire son nom », analyse Patrice Chabanet dans Le Journal de la Haute-Marne.
« Que des raisons politiques »
Pour Daniel Muraz, l’éditorialiste du Courrier picard, « l’arrêt des “Guignols” serait un signal déplorable et une régression dans un paysage audiovisuel où les espaces de liberté, de satire et d’esprit critique ne sont pas légion ».« En s’attaquant aux “Guignols”, Vincent Bolloré applique, certes, la méthode du “payeur décideur” qu’il affectionne. Mais il va mettre à mal tout Canal+ en condamnant l’une des émissions historiques dont le succès ne se dément pas, à l’inverse, par exemple, du “Grand Journal” », fait valoir Laurent Bodin de L’Alsace.
Olivier Pirot, de La Nouvelle République du Centre-Ouest, ne voit que « des raisons politiques » derrière l’arrêt supposé des « Guignols ». « A l’approche de la campagne présidentielle, Vincent Bolloré est suspecté de vouloir faire plaisir aux politiques en rangeant leurs marionnettes au placard. Quelle erreur ! La plupart les adorent », note Hervé Favre dans La Voix du Nord.Bernard Stephan fait lui un parallèle entre les attentats du mois de janvier à Paris et la rumeur de disparition des « Guignols ». « Que l’année de l’assassinat de la rédaction de Charlie Hebdo on vienne couper court à plus de trente ans de facéties politiques et la boucle serait bouclée », martèle l’éditorialiste de La Montagne/Centre France.

AFP

 


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