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LEILA MAMOU : «TOUT EST QUESTION D’ÉDUCATION»

LEILA MAMOU : «TOUT EST QUESTION D’ÉDUCATION»

14 mars, 2016

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Elle fête le 8 mars, comme toutes les autres femmes. Pourtant, elle estime que l’histoire des femmes ne concerne pas les femmes uniquement. C’est une question de société. C’est la raison pour laquelle elle a initié un processus managérial pour changer les mentalités. Leila Mamou, Présidente du directoire de Wafasalaf, répond à nos questions.

 Bled.ma: Vous parlez de l’histoire des femmes comme n’étant pas une histoire de femmes uniquement…

Leila Mamou: L’histoire des femmes est un sujet de société. Si on ne considère que l’aspect économique, il faut rappeler que 50% des femmes ne participent pas à l’économie de notre pays. C’est donc un sujet national. Si le taux de participation était plus élevé, la croissance serait plus importante. D’après les chiffres officiels, le nombre de femmes qui travaillent a beaucoup baissé depuis les années 2000. Je trouve que c’est dommage que l’on ne retrouve pas la femme dans cette croissance.

Le problème est de trouver une solution à la genèse du problème et c’est à la maison que cela se passe, au niveau de l’éducation. Ce sont les mères et les pères qui doivent inculquer à leurs filles le sens du travail et de la responsabilité. Il faut bannir le fait d’éduquer une fille «dans l’attente d’un mari » car le résultat est catastrophique. La fille ne cherche pas à se battre ni à intégrer le monde du travail. Or, l’autonomie financière de la femme est déterminante. Les filles éduquées de cette façon s’imposeront dans le monde du travail. Je le redis encore une fois. Il s’agit d’un sujet de société.

Bled.ma : Vous avez, à Wafasalaf, engagé un processus pour faire de l’entreprise un modèle dans le domaine de la parité et de la mixité. Parlez-nous en.

 Nous avons en effet, à Wafasalaf, été avant-gardistes en matière de mixité entre les hommes et les femmes. La mixité a été, depuis longtemps déjà, une priorité. J’ai aidé à changer les mentalités, sans mettre en place une politique de quotas. L’essentiel est de faire prendre conscience en interne que la mixité est importante. Cela est possible notamment en accompagnant les femmes et en leur donnant la chance d’évoluer dans leur carrière. Il ne suffit pas d’offrir des roses. Pour notre part, nous avons offert les premières roses il y a 12 ans. A cette époque, le 8 mars n’était pas encore une «mode».

Tout cela est porté en interne. C’est au manager de changer son regard. Il faut que les femmes et les hommes aussi se retrouvent au sein de l’entreprise afin qu’ils cohabitent de façon optimale.

Wafasalaf a initié un cycle de conférences sur la mixité au cours de chaque mois de mars. Nous faisons appel à des personnes qui ont eu des parcours atypiques pour en parler. C’est intéressant de voir que les équipes sont attentives à cela.

Bled.ma : Si on demande à Leila Mamou quel a été l’élément déterminant dans sa carrière. Que répondrait-elle ?

Leila Mamou : J’ai grandi dans une famille de 7 enfants dont 5 garçons et 2 filles. Ma mère, qui était femme au foyer, m’a toujours appris que je devais être autonome financièrement. Elle avait même exigé que je ne me marie qu’après avoir terminé mes études et trouvé un emploi. C’était peu courant à l’époque. Je l’en remercie aujourd’hui. C’était donc naturel pour moi que je cherche à gagner ma vie.

Le deuxième élément est, je pense, lié à mon tempérament. J’ai toujours aimé relever les défis. Lorsque j’ai commencé à travailler, je ne me suis jamais posé la question sur le fait d’être femme. Et cela a été le cas tout au long de ma carrière. Je ne me retrouve pas dans le fait de tout ramener à la seule question féminine. J’ai, comme tout le monde, eu des problèmes. Mais cela n’était pas dû au fait que je sois une femme. J’invite toutes les femmes à en faire autant et surtout à œuvrer pour changer les mentalités. Car c’est à ce niveau que tout se joue.

Propos recueillis par Amale DAOUD

 

 


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