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L’image dégradée des MRE

L’image dégradée des MRE

25 juin, 2015

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Le phénomène est en lui-même inquiétant, mais au-delà de cela, il est, à notre sens, symptomatique d’un malaise diffus dans la société marocaine actuelle, celle de la fin du vingtième siècle et de celle du début de celui-ci. Nous parlons bien sûr de ce désamour que nos concitoyens semblent avoir vers leurs compatriotes expatriés. Le Marocain moyen, lambda si l’on veut, ne regarde pas son congénère d’ailleurs, comme un être bizarre évadé du moule conventionnel façonné par les fameux quatorze siècles berbéro-arabo-musulmans, plus un demi-siècle de colonisation et un autre d’indépendance sous la férule d’un pouvoir royal autoritariste et modeleur selon le mode opératoire conservateur traditionaliste. L’image de nos compatriotes de l’étranger s’est notoirement dégradée à l’évidence et ne peut susciter qu’une préoccupation pour le moins sérieuse et qu’il ne faut pas esquiver. Les premières tentatives d’analyse, spontanées mais quelque peu courtes à notre avis, voudraient que l’opinion publique nationale s’offusque de la multitude de départements et d’institutions dédiés tous aux Marocains de l’étranger. Et c’est vrai que leur nombre peut apparaître comme excessif. Qu’on en juge : après que pendant longtemps, seules les Affaires étrangères étaient en charge des M.R.E. — appelés d’ailleurs autrement —, ils sont aujourd’hui encadrés et assistés par la Fondation Hassan II, présidée par une princesse royale et dirigée par un ambassadeur ancien ministre de haute volée, par le Conseil de la communauté marocaine de l’Etranger, par la Fondation Mohammed V pour la solidarité surveillée personnellement par le Souverain lui-même, sans oublier les nombreux appendices de banques, d’associations para-officielles caritatives ou sociales, d’établissements publics divers…

Cette pléthore et cette profusion tournent rapidement aux yeux du Marocain de l’intérieur à un sentiment non exprimé clairement de frustration se traduisent par un « il n’y en a que pour eux ! Ces nouveaux riches exhibitionnistes !» Réflexions conscientes et volontaires. Il n’en reste pas moins que le regard porté sur tous ces gens (hommes, femmes, adolescents et enfants) change assurément — et il est loin d’être amène ou tendre. Laissons aux sociologues le soin de mener des enquêtes pour tenter d’expliquer ce phénomène nouveau et irritant pour l’observateur paisible aussi bien qu’attentif. Ce sera, peut-être, alors aux politiques de prendre les décisions qu’il faut pour essayer d’éradiquer ces signes déplaisants et indignes du génie marocain que nous voulons toujours admirer chez nos citoyens. Mais attention de ne pas, en essayant de soigner ce mal rampant avant qu’il ne devienne chronique — et irréversible —, d’en mettre des couches et des couches en communication grossière et niaise, comme cela s’illustre toujours sur nos télévisions et nos radios ainsi que dans une moindre mesure sur les colonnes de notre presse écrite ou étalé sur notre affichage public. Il nous paraît, tout bien considéré que ce que nous découvrons chez nos concitoyens domestiques envers ceux des leurs partis vers d’autres horizons relève surtout du rejet instinctif des comportements (publics ou publics), trouvés exubérants, inconvenants ou simplement non-conformistes — ne respectant pas les règles de bienséance nationale ou du savoir-vivre en usage depuis toujours. Des valeurs considérées authentiques . On est en droit de se demander si ce n’est pas là une attitude d’intolérance molle des Marocains, née de la contamination des mœurs par l’impact de l’œuvre de sape des Islamistes (locaux ou internationaux) qui arrivent malheureusement à imposer leurs mœurs passéistes de refus de la modernité et de la mondialisation, qui importent un salafisme de pacotille qu’on laisse très imprudemment s’installer.

Par Abdallah Stouky


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