À l’occasion de sa donation au Musée des Arts Contemporains de RabatKarim Bennani expose ses carnets de voyage à Bab Rouah
La galerie Bab Rouah à Rabat accueille , jusqu'au 15 janvier 2009, les Carnets de voyages ( 1955-2008) de l'artiste peintre Karim Bennani qui se veulent une écriture de tous les instants vécus et un voyage dans le temps et ce via les formes, les couleurs et le mouvement. Beaucoup de pays sont à l’honneur, en l’occurrence l’Afrique, la Russie, la France, les Etats –Unis, le Moyen Orient, etc. Cette exposition vient couronner la donation de l’artiste Karim Bennani au musée des Arts Contemporains de Rabat à titre de citoyenneté artistique et signe idéal de générosité et d’abnégation :
« J’ai eu beaucoup de propositions intéressantes pour « Carnets de Voyages » que j'ai refusées. Je ne veux pas déchirer toute une vie artistique pour de l'argent. J'ai préféré faire cette donation pour le ministère de la Culture au profit du « Musée des Arts Contemporains de Rabat ». Je veux l'offrir au grand public et au Maroc », souligne l'artiste Karim Bennani.
Ces carnets ne sont pas une rétrospective, ajoute l’artiste, car celle-ci se trouve en permanence dans sa Fondation. Ici, c'est plutôt une donation que l’artiste a aménagée avec quelques œuvres à côté pour avoir une idée de ce qui se passe actuellement chez lui. C'est une période, parmi tant d'autres, qui est là devant le public ou un petit regard sur son parcours créatif dans ses dimensions spatiotemporelles.
Il s’avère très important de souligner que l'exposition actuelle de Karim Bennani est rehaussée par l’acte exceptionnel de faire voir une impressionnante sculpture dorée : « Dans mon travail, comme vous l'avez bien remarqué, il y a beaucoup de lumière, des contrastes, du relief dans un sens. Cela veut dire qu'il y a déjà eu une naissance d'un regard de sculpture, il fallait seulement qu'il se débloque. Le temps est arrivé pour le faire sortir, car dans le domaine de l'art, il ne faut jamais forcer les choses, mais les laisser venir d'elles-mêmes. Maintenant que le moment est arrivé, j'ai tout un programme de sculptures pour l'année prochaine. Ma vision pour cette pièce de sculpture est surtout culturelle.
Je la vois dans des grands organismes ou des manifestations artistiques comme le Festival International d'Asilah qui est tout à fait indiqué pour ce genre de travaux. Je veux que beaucoup de gens en profitent. », Confie l’artiste à Ouafaa Bennani.
Sur sa peinture, Lydia Harambourg, historienne et critique d’art, a si bien écrit : « Son univers formel me révélait l’expression d’une attraction simultanée entre différentes structures imagées, évoquant avec évidence les rapports naturels que celles-ci entretiennent avec le monde. Des formes flexibles, constituant un répertoire morphologique soumis à de brillantes d’un corps fragmenté s’inscrivait à la suite de la grande famille des abstraits lyriques de la nouvelle école de Paris, née à la fin de la deuxième guerre mondiale. ».
ABDELLAH CHEIKH