L'élimination du colonel Mouammar Kadhafi, après sa capture jeudi à Syrte, marque un basculement de taille dans la situation en Libye, mettant fin à 42 ans de dictature sans partage et à des rapports souvent tendus, sinon exécrables, avec nombre de pays du voisinage et de l'Occident.il n'y a pas grand monde sur le Web pour pleurer l'ancien dictateur.
Son destin devrait constituer un avertissement pour d'autres dictateurs, dans la région et dans le monde. Certains posent malgré tout des questions. «Kadhafi a-t-il été capturé blessé mais vivant, avant de mourir de ses blessures, ou a-t-il été exécuté?Selon Kyle Matthews, de l'Institut pour l'étude des génocides et des droits de l'homme, «la mort de Kadhafi est le début de la fin pour les grands méchants du monde entier.
- Réactions internationales
L’Union Européenne salue aujourd’hui "la fin d’une ère de despotisme et de répression". Le président de l’UE Herman Van Rompuy et le président de la Commission européenne José Manuel Barroso déclarent qu’aujourd’hui que "la Libye peut tourner une page de son histoire et embrasser un nouvel avenir démocratique".
A l’ONU, le secrétaire général Ban Ki-moon déclare qu’à "l’évidence, ce jour marque une transition historique pour la Libye".
Du coté de la France, le ministre des affaires étrangères Alain Juppé salue la "fin de 42 ans de tyrannie" . De New Delhi, où il se trouve actuellement, le chef de la diplomatie française ajoute que "l’annonce de mort de Kadhafi et la chute de Syrte sont la fin d’une période très difficile pour le peuple libyen".
Pour Bernard-Henri Levy, "la guerre est terminée ; c’est une excellente nouvelle". Le philosophe, qui s’est fortement engagé en faveur de la révolution libyenne, parle d’un "soulagement" sur France Info. "Tant que Kadhafi était en vie, le sang continuait de couler", ajoute BHL, avant d’affirmer que les "populations étaient menacées par un régime devenu fou". Pour le Bernard-Henri Levy "la mission (de l’OTAN, ndlr) est terminée […] une deuxième étape commence […] c’est sortir de cette longue nuit de cauchemar qu’a été le +kadhafisme+ et d’entrer sur le chemin de la démocratie. C’est l’enjeu des mois qui viennent".
Aux Etats-Unis, Barack Obama a affirmé dans une intervention que la mort de Mouammar Kadhafi marquait “la fin d’un chapitre long et douloureux pour les habitants de Libye ”. “Pendant quatre décennies, le régime Kadhafi a régné sur les Libyens d’une main de fer. Les droits de l’homme ont été niés, des civils innocents mis en prison, battus et tués, et la richesse de la Libye gaspillée (...) le terrorisme a été érigé en arme politique”, a martelé le président américain. Il a appelé les dirigeants du CNT à construire un Etat “démocratique” et “tolérant” .
En Italie : Silvio Berlusconi, ancien allié de Kadhafi, déclare que "la guerre est finie" en Libye. "Sic transit gloria mundi", a commenté en latin le président du conseil italien. Une expression latine qui signifie "Ainsi passe la gloire du monde".