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MRE /STRATEGIE CULTURELLE: BIROU REPRODUIT L’ECHEC DE MAAZOUZ ET AMEUR

MRE /STRATEGIE CULTURELLE: BIROU REPRODUIT L’ECHEC DE MAAZOUZ ET AMEUR

2 septembre, 2016

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C’est une coquille vide… ou presque. La stratégie culturelle mise en place pour les Marocains Résidant à l’Etranger est une formidable redite des précédentes stratégies, si stratégie il y a. Au-delà des discours et des présentations en grande pompe, que fait-on réellement pour les MRE en matière culturelle si ce n’est parler d’ouverture de centres culturels (dont beaucoup ne le sont pas encore), financer des tournées à des troupes dont certains produits ne répondent même plus aux aspirations des nouvelles générations ou encore proposer des séjours aux jeunes en guise d’Universités d’Eté ? Décryptage. Par Amine SAAD

 

C’est en présence du Roi Mohamed Vi et de François Hollande que s’est faite la présentation, à Paris, du futur centre culturel marocain, le 17 février 2015. Le projet, dont il était question depuis plusieurs années déjà, changeait de lieu. Car après avoir longuement parlé de Mantes La Jolie, y avoir même tenu une conférence de presse, le Maroc a opté pour le 115 Boulevard Saint Michel à Paris, propriété du Royaume. Le centre devrait ouvrir ses portes en 2018, si tout va bien. Ce qui est loin d’être gagné, vues les difficultés rencontrées pour son architecture et son intégration au paysage urbain de la capitale. En effet, dans une de ses éditions, le journal Le Parisien se faisait l’écho de l’avis de François Loyer, historien de l’art et Robert Werner administrateur de la Société pour la Protection des Paysages et de l’Esthétique de la France, qui décrivaient l’architecture du projet comme « totalement incongrue ». Tarik Oualalou, l’architecte en charge du projet intervenait à son tour quelques jours plus tard pour « rassurer ». Mais au-delà des malentendus concernant le lieu ou l’architecture, c’est le « contenu » des centres culturels qui est la véritable problématique. Qu’y mettra-t-on et comment en assurera-t-on une gestion efficiente et efficace pour en faire un véritable lieu de rayonnement culturel du Maroc ? L’existence de centres culturels est en réalité un simple effet d’annonce car le Ministère en charge des MRE n’a jamais jusqu’à présent réussi à mettre en place une véritable politique culturelle digne de ce nom même s’il affirme le contraire. Le projet initial des centres culturels, porté par le ministre USFpéiste Mohamed Ameur, prévoyait la création de plusieurs centres culturels : France (à Mantes La Jolie), Espagne à Barcelone, Bruxelles en Belgique, Montréal au Canada et Tripoli en Libye. Aucun de ces centres n’a vu le jour à l’exception de celui de Montréal. Ce dernier a été ouvert une première fois puis avait été contraint à fermer ses portes. Le Ministère n’avait même pas alloué les moyens nécessaires pour son entretien. Résultat : des dégâts et une fermeture. En plus, ce même ministère n’a pas réussi à concevoir une programmation culturelle à même de répondre aux objectifs du rayonnement de la culture marocaine dans sa diversité. Ce centre a rouvert ses portes le 3 mai 2016. A sa tête, a été nommé un ancien de l’équipe de Nezha Cheqrouni, Jaâfar Debbagh, avec qui Anis Birou ne s’entendait plus du tout. Pour s’en débarrasser, et après l’avoir mis au placard pendant plusieurs mois, Birou a trouvé cette sortie de secours à Jaâfar Debbagh parce que, selon des sources bien informées, celui ci bénéficierait d’un solide soutien. Dar Al Maghrib à Montréal s’est contentée jusqu’à présent d’abriter quelques événements folkloriques loin de remplir la véritable mission de centre culturel.

De Dar Al Maghrib à Darkom

Darkom à Bruxelles a été réellement initié par l’ancien ministre de la culture flamand, Bert Anciaux et non par le Maroc. Son principal objectif était de permettre au gouvernement flamand de récupérer la communauté belgo-marocaine de Bruxelles majoritairement francophone. Ce centre est aussi inactif en matière de véritable programmation culturelle. En Espagne, une convention-cadre avait été signée entre la Mairie de Catalogne et le Maroc du temps de Ameur. Depuis, plus aucune nouvelle sur la création du centre culturel marocain en Espagne. Que reste-t-il donc du fameux projet de centres culturels du Maroc à l’étranger ? Finalement, la montagne a accouché d’une souris. Toute la communication autour d’une stratégie culturelle annoncée depuis le temps du ministre Ameur de l’USFP ainsi que celle de l’istiqlalien Abdellatif Maazouz ou encore celle du Rniste Anis Birou reste composée de beaucoup d’effets d’annonce sans aucune concrétisation à part le projet qui a été réellement lancé par Sa Majesté à Paris, celui de la mythique adresse 215 Boulevard Saint-Michel. Il faut aujourd’hui se pencher de manière responsable sur ce que nous voulons faire de notre culture, loin des surenchères des politiques qui prennent, à chacune des échéances, la tête du Ministère en charge des MRE. Les suggestions de création d’une Agence culturelle dédiée aux MRE peut-elle apporter une solution ? Le Maroc peine à de trouver une réponse à la question à l’heure où la Syrie, l’Egypte ou encore l’Algérie disposent de centres culturels à l’étranger dignes de ce nom.


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