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PLUS DE 500.000 MORTS SUPPLEMENTAIRES EN 2050 À CAUSE DU RECHAUFFEMENT CLIMATIQUE

PLUS DE 500.000 MORTS SUPPLEMENTAIRES EN 2050 À CAUSE DU RECHAUFFEMENT CLIMATIQUE

3 mars, 2016

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Le réchauffement climatique est une affaire très sérieuse. L’impact du changement climatique sur la production alimentaire pourrait causer en 2050 quelque 529 000 décès supplémentaires dans le monde, selon l’étude d’une équipe de l’université d’Oxford publiée jeudi 3 mars dans la revue médicale The Lancet.

De nombreux travaux ont montré que les dérèglements climatiques – sécheresses, pluies de plus en plus irrégulières, inondations, cyclones plus fréquents… – menaçaient la sécurité alimentaire, en entraînant une baisse des rendements agricoles susceptible d’accroître le niveau et la volatilité des prix des denrées, et de rendre ainsi encore plus difficile l’accès des plus pauvres à la nourriture. Mais pour la première fois, une étude évalue les effets du changement climatique sur l’équilibre nutritionnel.

« Notre étude montre qu’une baisse même modeste de la nourriture disponible par personne peut entraîner d’importantes modifications dans l’équilibre des régimes alimentaires et avoir de fortes répercussions sur la santé des gens », souligne le Dr Marco Springmann, qui a dirigé l’équipe de chercheurs.

Ainsi, sans mesures immédiates de réductions des gaz à effet de serre, le changement climatique pourrait entraîner, en moyenne, une baisse de la disponibilité alimentaire de 3,2 % par personne, soit 99 kilocalories par jour. Cela aura pour effet de réduire de 4 % (14,9 grammes par jour) la consommation de fruits et légumes, et de 0,7 % (0,5 g par jour) celle de viande.

La baisse de la consommation de fruits et légumes, et donc de vitamines, pourrait à elle seule provoquer 534 000 morts supplémentaires dans le monde en 2050. Le nombre de personnes en insuffisance pondérale, qui présenteront un risque de décès accru, augmentera également sensiblement. Ces situations de carence en vitamines et minéraux causeraient 266 000 morts supplémentaires en 2050.

Néanmoins, « le changement climatique aura quelques effets positifs », soulignent les chercheurs. Réduisant les risques de cancers et de maladies cardiovasculaires, la moindre consommation de viande se révélera bénéfique pour la santé et pourrait permettre d’éviter 29 000 décès. Surtout, l’obésité reculera, ce qui permettrait là encore d’éviter quelque 225 000 morts.

L’ampleur de ces effets du changement climatique variera sensiblement selon les régions. Les pays à bas revenus et revenus intermédiaires seront très probablement les plus affectés, et en particulier ceux du Pacifique occidental et d’Asie du Sud-Est, des régions particulièrement vulnérables aux dérèglements climatiques. En 2050, l’Inde et la Chine pourraient, à elles seules, enregistrer près des trois quarts des décès supplémentaires liés au changement climatique, soit respectivement 136 000 et 248 000 morts en plus. Dans certaines parties du Pacifique occidental, cependant, selon l’étude, le nombre de décès évités du fait du recul de l’obésité pourrait être supérieur aux nombres de morts provoqués par une insuffisance pondérale.

Mais attention. Les médecins de l’étude mettent en garde.

« Il serait prématuré de tirer de cette étude des conclusions pragmatiques immédiates en termes de santé publique. Ces données chiffrées sur les risques comportent beaucoup d’incertitudes, comme le soulignent fort honnêtement leurs auteurs. L’intérêt majeur de cette étude est avant tout de susciter la réflexion sur l’impact des dérèglements climatiques sur la santé : dans quelle mesure les évolutions de la production agricole affecteront ou amélioreront la consommation alimentaire et donc la santé ? ».


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