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Prisons au Maroc: les chiffres sur la santé des détenus

Prisons au Maroc: les chiffres sur la santé des détenus

27 octobre, 2015

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Le ministre de la santé Houcine Louardi a exposé lundi des chiffres sur la santé dans les prisons et a évoqué les efforts déployés par l’Etat contre les maladies infectieuses en milieu pénitentiaire.
Plus 42.000 détenus ont bénéficié de consultations médicales dans les structures sanitaires du ministère de la Santé, 1.500 ont été admis pour hospitalisation dans les hôpitaux publics et 400 autres ont subi des interventions chirurgicales au cours de l’année 2014, a indiqué le ministre de la Santé, Houcine Louardi, qui s’exprimait à l’ouverture d’un colloque national à Rabat sur le thème « La santé dans les prisons: quel système pour une meilleure prise en charge sanitaire ? ». Dans le cadre de la prévention contre les maladies épidémiques et endémiques en milieu carcéral, le ministère organise régulièrement des campagnes de vaccination contre la méningite au niveau des prisons ayant bénéficié à plus de 4.000 détenus l’année écoulée, a ajouté M. Louardi. Par ailleurs, compte tenu de la prévalence élevée de l’infection au VIH en milieu carcéral, qui est oscille entre 0,3 et 2,5 %, un budget de 3 millions de dirhams (MDH) a été alloué au cours de ces 4 dernières années dans le cadre de la lutte contre le Sida et les infections sexuellement transmissibles, a-t-il fait savoir, relevant qu’une enveloppe budgétaire supplémentaire de 2.5 MDH est mobilisée pour la période 2015-2017. Selon le ministre, cet important investissement a permis la sensibilisation et l’éducation sanitaire de plus de 7.000 pensionnaires contre le risque d’infection par le VIH, la formation et la sensibilisation de tout le personnel des établissements pénitentiaires (directeurs d’établissements, chefs de détention, médecins, infirmiers…) au dépistage précoce du virus et l’introduction de la thérapie de substitution aux opiacées (TSO) par la méthadone auprès des usagers de drogues injectables (UDI) pour réduire le risque de transmission de l’infection.M. Louardi a également indiqué que son département assure l’accès gratuit à la trithérapie antirétrovirale (ARV) au profit de tous les détenus porteurs du VIH. S’agissant de la lutte antituberculeuse dans les établissements pénitentiaires, M. Louardi a indiqué que son département a conclu une convention de partenariat, dotée d’une enveloppe budgétaire de plus de 5 MDH, avec la délégation générale de l’Administration pénitentiaire et de réinsertion (DGAPR) avec l’appui du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, visant la restauration de 26 laboratoires de bacilloscopie et des cellules d’isolement pour les malades contagieux dans les prisons, l’acquisition de 7 appareils de radiographie numérique et de 10 microscopes LED et l’intégration des tests de dépistage du VIH dans 13 établissements pénitentiaires. Le ministre a, en outre, souligné que l’Etat, conscient de la vulnérabilité sociale et économique de la population carcérale, a intégré les détenus parmi les bénéficiaires du Régime de l’Assistance Médicale (RAMED) pour couvrir leurs besoins sanitaires. Malgré les efforts entrepris, plusieurs défis et contraintes persistent, à savoir la restructuration des programmes d’intervention en adoptant une approche participative et de droits humains, le renforcement des services consultatifs généralistes et spécialistes au sein des établissements pénitentiaires, et la réflexion à de nouveaux outils de développement des moyens de coordination et de coopération entre le ministère de la Santé, la DGAPR et tous les acteurs concernés. Il a indiqué, dans ce sens, qu’il a été décidé de créer une commission technique mixte comprenant des représentants du ministère de la Santé, du ministère de l’Intérieur, du ministère de la Justice et des Libertés, de la DGAPR, de la Fondation Mohammed VI pour la réinsertion des détenus, du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH) et d’autres intervenants chargés de proposer, dans les plus brefs délais, un programme d’action intégré et commun visant à améliorer les conditions de détention des prisonniers.Pour ce qui est de l’amélioration de la situation des détenus, souffrant de troubles psychiques, faisant l’objet de verdicts de non-responsabilité criminelle et ayant été admis aux services des maladies mentales, il a été décidé d’intégrer des membres de la DGAPR au sein de la commission nationale de santé mentale, l’objectif étant de participer notamment à l’examen et au suivi des dossiers de ces détenus.

MAP


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