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QUE FAIRE FACE AU POUVOIR ALGÉRIEN AGONISANT ?

QUE FAIRE FACE AU POUVOIR ALGÉRIEN AGONISANT ?

7 novembre, 2016

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Les élèves de la première année en relations internationales savent que la fragilité -a fortiori la désintégration- du régime d’un pays produit automatiquement des dégâts collatéraux pouvant aller jusqu’à la déstabilisation du pays voisin.
L’Algérie est en train de vivre un cauchemar inédit dans notre région, sinon dans le monde : un président à l’article de la mort, plongé dans une interminable indisponibilité physique et (forcément) intellectuelle, mais formellement toujours aux commandes; une camarilla « dinarivore » omnipotente; une chute brutale des revenus gaziers et pétroliers; une altération désastreuse de la confiance entre les gouvernés et le top management politique du pays…etc. Et pendant ce temps-là, le peuple algérien continue à chercher la voie de la dignité face à un décorum politicien aussi pourri sinon davantage que son semblable marocain !
Piètre menteur celui qui oserait prétendre que le Maroc pourrait échapper aux dégâts collatéraux des luttes engendrées en Algérie par l’appétence des prétendants au pouvoir. Pendant que Bouteflika s’acharne, semble-t-il, à jouer au cobaye pour des thérapies expérimentales chinoises et américaines, les mafias et les lobbies locaux et internationaux aiguisent leurs poignards et inventorient leurs cibles.
Que faudrait-il faire quand on a servi d' »objet de transfert » tout à la fois projectionnel, pulsionnel et obsessionnel d’un pouvoir algérien jusqu’ici incapable d’enraciner l’Etat-nation au sein d’un destin commun lisible et intelligible autant par tous les Algériens que par l’ensemble des Maghrébins ? Que doit donc faire ce Maroc, lui-même empêtré dans une configuration institutionnelle, politique, voire économique et constitutionnelle, où le Makhzen semble, au chapitre du pouvoir, consentir volontiers tout l’ornemental sans lâcher le brut de coffrage d’un Etat de droit digne de ce nom ?

Là est la question centrale qui devrait propulser les hautes sphères vers l’analyse géostratégique et diplomatique dépourvue d’autosuggestion. Car, en l’occurrence, -que l’on ne s’y trompe surtout pas !-, la question saharienne n’est pas LE problème; elle n’est que l’une des multiples manifestations de la grande problématique quasiment fondamentale et politiquement « génétique » qui taraude l’Algérie officielle depuis l’arrivée de Ben Bella au pouvoir dans les chars de Boumediene. Cette problématique a un nom : la légitimité historique, politique et institutionnelle. Elle a un travers sui generis : la contre-productivité congénitale.
En effet, dès les premières semaines de l’indépendance algérienne, le Maroc a été élu « Alibi central » dans une course effrénée vers une construction de l’Etat-nation unidirectionnelle et unidimensionnelle qui recourt à la diabolisation de l’autre pour consolider sa virginité en interne.
Cela dit, la question est toujours persistante : Que faire ?
La pire des attitudes est celle-là même qui prévaut de plus belle à Rabat : « A diabolisation, diabolisation et demi ! ». Cette posture diplomatique, médiatique et sécuritaire dénote d’une indigence politique et géostratégique à moult égards affligeante. Suffirait-il que l’on dope les porte-paroles officiels et officieux, sans compter les médias aux ordres, d’éléments de langage ultranationalistes face aux turpitudes des gouvernants d’Alger pour prétendre gérer au mieux ce difficultueux voisinage ? Que nenni ! Certes, la carte de l’autonomie interne fut et demeure pertinente; mais cela ne suffit guère. D’autant que des lobbies marocains hyperpuissants considèrent que tout prompt règlement politique de l’affaire saharienne signerait la fin de leurs scandaleuses libéralités.
Encore une fois, que faire ? 
A l’instar des lunettes qu’on cherche alors qu’elles trônent sur notre nez, la réponse ne doit pas se trouver bien loin. Faut-il encore se débarrasser de cet héritage de certitudes qui bloque toute créativité politique et qui paralyse l’imagination diplomatique depuis Nairobi. Vous vous rappelez sûrement de l’embastillement de feu Abderrahim Bouabid qui avait précisément appelé à davantage d’imagination diplomatique en lieu et place d’une parade référendaire dont nous payons à ce jour la triste médiocrité.
Alors, paraphrasons Clémenceau pour dire : l’affaire du voisinage conflictuel avec l’Algérie est trop sérieuse pour la confier aux sombres officines. C’est ce qu’on faisait au temps de Basri et c’est ce qu’on continue à faire. A l’écart de toute imagination créative !
Le Maghreb est malade de ses élites politiques pourries. Fatigué des rengaines gérontopolitiques de ses indéboulonnables dirigeants. Il est temps de rebattre les cartes.

Abdessamad Mouhieddine

 


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