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Rachid Badouri : Le retour de l’enfant terrible.

Rachid Badouri : Le retour de l’enfant terrible.

30 mars, 2015

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Il se produit très prochainement au Maroc, les 2 et 3 avril à Casablanca, le 4 avril à Rabat pour son one-man Show « Arrête ton cinéma». Jusqu’ici, c’était pour le Festival du Rire de Marrakech que Rachid Badouri était connu au Maroc. Il franchit maintenant une étape et présente son show. L’artiste maroco-québecois, qui a déjà plusieurs années de scène derrière lui, a de grandes ambitions. Il parle déjà de la tournée de son deuxième spectacle en Europe et au Maghreb en 2016. En exclusivité pour BM Magazine, il s’est livré au jeu des questions réponses, avant d’arriver au Maroc pour une production absolument géniale.

 

BM : Comment êtes-vous arrivé à au monde de la scène?

Rachid Badouri : Par l’entremise d’un concours que le Festival Juste pour Rire organisait en avril 2005. Un concours qui se tenait devant public et dont nous pouvions inviter notre famille pour nous encourager; Le festival n’avait juste pas pensé que je suis marocain et que tout le quartier est pour moi ma famille…Bonne performance ou pas, avec toute la famille qui criait pour m’encourager, j’étais assuré d’être sélectionné!

Quand vous préparez vos spectacles, vous imposez-vous des limites?

Pas vraiment, mon humour est plutôt le reflet de qui je suis. Mes valeurs me permettent de jamais tomber dans un discours haineux et vulgaire. Je me concentre plutôt sur l’autodérision de mes expériences passées et présentes, avec parfois un soupçon d’exagération :). J’avoue que ma famille est très spéciale et m’inspire beaucoup de matériel, les blagues s’écrivent toute seule!

Comment vivez-vous votre double culture en tant qu’humoriste ?

Très bien! En fait, je considère que c’est une richesse de pouvoir partager plusieurs cultures. Né au Canada de parents marocains vivant à Montréal; cette ville cosmopolite a beaucoup influencé mon identité. Cette richesse culturelle influence énormément mon humour. Les accents, les traditions, les mœurs, toutes ces différences sont très riches et peuvent être un océan d’inspiration si on s’y intéressent et les respectent. En vérité, lorsqu’on les vit, aussi différentes qu’elles peuvent être, souvent elles se ressemblent, que ce soit la culture Québécoise et Française ou Marocaine et Italienne, plusieurs similitudes s’y retrouvent. C’est si souvent universel que j’adapte très peu mon matériel d’un pays à l’autre. C’est pour vous dire à quel point on peut se reconnaitre même dans les autres cultures. Je me considère extrêmement bénis d’avoir grandi dans cette richesse multiethnique, c’est pour moi une inspiration continuelle de matériel d’humour.

Est-ce un atout ou un handicap?

C’est vraiment un atout ! Vous imaginez le matériel qui se trouve dans les deux cultures; Y en a même pour les fous!

Comment s’est fait votre rencontre avec Jamel Debbouze?

Jamel a beaucoup influencé ma jeunesse et ma carrière, ça a toujours été un rêve pour moi de le rencontrer. La première fois fut au Festival Juste pour Rire de Montréal en 2008 mais nous avions eu très peu d’opportunités pour discuter. C’est 4 ans plus tard, lorsque je présentais mon spectacle au théâtre Le Temple à Paris, que son frère Karim, son épouse et ses enfants sont venus me voir en spectacle. Ils ont aimé le spectacle et m’ont tout de suite proposé après la prestation de venir jouer au Festival du rire de Marrakech! C’est lors du Festival de Marrakech que j’ai pu m’entretenir plus longuement avec cette grande inspiration qu’est Jamel Debbouze.

Que pensez-vous du « Festival du rire de Marrakech »?

Je crois que c’est exceptionnel! J’ai grandi à Montréal avec la culture du festival Juste pour Rire et je crois que Jamel a réussi à créer un festival unique au décor féérique qu’on peut retrouver seulement au Maroc. J’ai pu performer à plusieurs festivals dans ma carrière mais j’avoue honnêtement que le Festival du rire de Marrakech a quelques chose de spécial; du public à l’accueil, mes deux expériences ont été mémorables. Donc imaginez après tout ça, performer devant ma famille, dans mon pays d’origine c’est pour moi un souvenir qui restera à jamais gravé dans mon cœur.

Mis à part votre dernier spectacle « Arrête ton cinéma », quelle est votre actualité et quels sont vos projets artistiques ?

Mon deuxième spectacle « Badouri Rechargé » qui tourne depuis plus d’un an au Québec verra le jour en Europe et au Maghreb en 2016 inchaallah! De plus, je suis en projet d’écriture et de lecture de scénario car j’aimerais bien pousser parallèlement ma carrière au cinéma !

Aussi je suis très fier et excité de faire mon premier saut en anglais le 14 Avril prochain où je présenterai mon spectacle dans la langue de Shakespeare à New York dans une salle de 1500 personnes!

Le Maroc comme prochaine étape, c’est important?

Le Maroc je ne l’ai jamais vu comme une prochaine étape mais plutôt comme une réalisation extrêmement importante et affective pour moi. C’est la terre de mes racines, et je tiens beaucoup à poursuivre ma carrière au Maroc pendant que mon père est toujours à mes côtés. C’est pour moi un moyen de le remercier d’avoir fait tout ce qu’il a fait pour moi. Il peut maintenant voir le fruit de ses sacrifices sur sa terre d’origine. Ça ne doit pas être facile de laisser son pays d’origine mais lorsque tu as l’occasion d’y retourner la tête haute, je crois que cela n’a pas de prix.

Si vous aviez un rêve à exaucer, quel serait-il ?

Wow, outre la paix dans le monde et un nettoyage complet de l’environnement pour que ma fille puisse connaître des beaux jours dans un futur rapproché… voilà l’essentiel! Mais sans vouloir me montrer ingrat d’en demander d’avantage dans ma carrière, je vous avoue qu’il me serait difficile de ne pas rêver à une carrière au cinéma Français et Américain, et pouvoir un jour me retrouver à Hollywood avec un Oscar en main .

 

Propos recueillis par Rachid Eloufir

 


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