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Repenser la gestion déléguée rentière !

Repenser la gestion déléguée rentière !

2 novembre, 2015

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Abdelilah Benkirane, le tribun-en-chef gouvernemental, s’est transporté à Tanger en compagnie du ministre de la police afin de traiter le mécontentement général des tangérois à l’encontre d’Amendis, délégataire de la fourniture d’eau et d’électricité dans la ville du Détroit. Ce mécontentement général rappelle celui qui eut lieu à Marrakech à l’encontre de la RADEEMA et qui s’était déclenché à Sidi Youssef Ben Ali, l’un des quartiers les plus pauvres de la ville ocre. Eh bien, figurez-vous que cet épisode s’était terminé par l’effacement pur et simple des montants dûs ! Il faut dire que, dès le départ, les Marrakchis avaient adopté un mode revendicatif exclusivement ciblé contre le prestataire et non contre les autorités, tout en menaçant d’intensifier l’activisme revendicatif en direction de l’Etat. « Brandir l’arme pour ne pas l’utiliser », en somme.

Qu’est-ce à dire ?

A l’ère où la crédibilité des partis, des syndicats et de l’ensemble des structures intermédiaires classiques agonise crescendo, des formes nouvelles de revendication voient le jour depuis quelques années. Des « coordinations » dans le secteur du transport, des « comités » ad hoc lors des sit-in in situ et autres « portes-parole » ici et là. Et ce fut le cas à Tanger où Benkirane et Cie ont peiné à mettre la main sur un syndicat établi ou même une association de consommateurs de type classique qui soient réellement crédibles et véritablement écoutés. Ils ont donc trouvé face à eux des « coordinations » improvisées mais extrêmement mobilisées et organisées. Ils durent – les pauvres !- se rabattre sur…les collectivités locales ! Des coquilles politiquement évidées, nouvellement arrivées à la chose publique municipale, qui n’ont rien fait ni maîtrisé en amont. Du coup, et afin de calmer les esprits, sept « mesures techniques » furent avancées sans qu’on sache si elles résisteront longtemps au scepticisme des ménages. Voilà pourquoi il s’avère urgent de repenser le système de gestion déléguée dans ce pays où les pouvoirs publics ont permis à des groupes de venir ramasser du cash sans entreprendre des investissements infrastructurels vitaux, par exemple pour Tanger comme pour Casablanca, au chapitre de la déperdition de milliers de mètres-cube d’eau résultant de canalisations altérées. Jusqu’à maintenant, la gestion déléguée a été « octroyée » sur la base du souverain paradigme de la rente telle que la génère le système prébendier marocain. Du tiroir-caisse sans débourser le nécessaire en investissements promis !

Il est temps que cela cesse !

Par Abdessamad Mouhieddine​


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