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SYRIE : LES RUSSES VEULENT DISCUTER D’UN CESSEZ-LE-FEU A MUNICH

SYRIE : LES RUSSES VEULENT DISCUTER D’UN CESSEZ-LE-FEU A MUNICH

11 février, 2016

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La Russie s’est dite prête à discuter d’un cessez-le-feu jeudi lors d’une réunion clé sur la Syrie visant à relancer le processus de paix de Genève et à enrayer le flux de réfugiés qui se pressent aux portes de la Turquie.

« Nous sommes prêts à discuter des modalités d’un cessez-le-feu en Syrie », a déclaré le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Guennadi Gatilov, à quelques heures d’une rencontre des principaux acteurs de la crise à Munich (sud de l’Allemagne). « Nous allons (à la conférence internationale sur la Syrie) à Munich pour discuter de cela », a-t-il ajouté.
Depuis le 1er février, le régime de Bachar al-Assad, appuyé par les bombardiers russes, a lancé une violente offensive contre les rebelles retranchés à Alep (nord), provoquant l’exode de 30.000 civils vers la frontière turque.
Les premiers pourparlers inter-syriens à Genève ont avorté devant cette offensive, qui a fait au moins 500 morts dont une centaine de civils selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), et leur reprise, prévue le 25 février, reste très incertaine. Les Occidentaux accusent les Russes d’avoir torpillé le processus de paix avec leur campagne massive de raids aériens et réclament l’instauration rapide d’un cessez-le-feu tout comme l’accès humanitaire aux populations en détresse dans les villes assiégées par le régime. Et ils comptent bien réclamer des actes concrets à Munich. « Si c’est parler pour le simple fait de parler, afin de continuer à bombarder, personne ne va l’accepter », a averti le secrétaire d’Etat américain, John Kerry.
Scepticisme
Outre M. Kerry et son homologue russe Sergueï Lavrov seront présents les représentants d’une quinzaine de pays, dont les chefs de la diplomatie iranienne et saoudienne. La réunion doit démarrer à 18H00 (17H00 GMT), après une série de bilatérales. Au même moment, les ministres de la Défense de la coalition militaire emmenée par les Etats-Unis se réuniront à Bruxelles pour renforcer la lutte contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI), qui profite, selon Washington, de l’avancée du régime syrien face aux rebelles plus modérés. Les négociations de Munich s’annoncent toutefois compliquées au regard de l’opacité de la stratégie russe et de la faible marge de manoeuvre des Occidentaux. « Kerry continue de penser qu’avec son seul charme il peut obtenir quelque chose de quelqu’un (Lavrov) qui lui ment effrontément depuis deux ans », assène l’expert Joseph Bahout, de la Fondation Carnegie à Washington. « Il n’y a rien à attendre des Américains. C’est du verbiage et du bla-bla. (…) C’est une partie qui n’a plus aucune crédibilité », lâche le chercheur. Selon lui, « ils vont convenir d’un cessez-le-feu qui n’aura pas lieu, car les Russes continueront de bombarder les +terroristes+ ». La Russie cherche-t-elle à consolider au maximum le régime de Damas avant d’entrer dans le vif du sujet à Genève ? A-t-elle opté pour une solution jusqu’au-boutiste, avec des bombardements indiscriminés rappelant la guerre de Tchétchénie, afin d’anéantir l’opposition avant que celle-ci n’ait le temps de s’asseoir à la table des négociations.
« Difficile d’avoir le mot +cessez-le-feu+ à la bouche quand on voit les événements des derniers jours », résumait mercredi le porte-parole de la diplomatie allemande, Martin Schäfer.
Les discussions sur un accès humanitaire aux villes assiégées, notamment à Alep où les rebelles sont coincés dans les quartiers Est avec 350.000 civils, pourraient en revanche aboutir.
Pas de plan B
Si le processus politique échoue, les Occidentaux n’ont guère de plan B à moins de prendre le risque de s’opposer frontalement aux Russes, qui donnent le tempo sur le terrain. « Aller en Syrie aujourd’hui (au sol) c’est avoir une bonne chance de se battre avec les Russes », un scénario dont ni les Américains ni les Européens ne veulent, souligne Camille Grand, directeur de la Fondation pour la recherche stratégique (FRS) à Paris. Le président russe Vladimir Poutine « en joue », estime-t-il. Il met aussi sous pression les Européens, profondément divisés sur la question des réfugiés qui arrivent par centaines de milliers vers leurs frontières. Les tensions sont aussi latentes entre les Etats-Unis et certains de leurs alliés, qui soupçonnent Washington d’être prêt à trop de concessions quelques mois avant la fin du mandat de Barack Obama.
Sur le point de quitter son poste, le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a ainsi pointé « l’ambiguïté » américaine. « Il y a des paroles, mais les actions, c’est une autre affaire (…) Les Russes et les Iraniens sentent cela », a-t-il lâché.Les Occidentaux rechignent aussi à armer en missiles antichar et sol-air les rebelles modérés, directement menacés par l’offensive d’Alep. « Toute velléité d’armer l’opposition se heurte à l’idée que des armes vont se retrouver entre de mauvaises mains », résume Camille Grand. Les Saoudiens ont bien proposé d’envoyer des troupes au sol, au secours de l’opposition qu’ils soutiennent déjà depuis des années. Mais beaucoup doutent qu’ils en aient la capacité militaire, alors qu’ils sont déjà impliqués dans une opération militaire au Yemen. Quant aux Turcs, qui rejettent les appels à ouvrir leurs frontières aux réfugiés, ils s’inquiètent avant tout de la percée des Kurdes dans le nord de la Syrie. « Mais ils n’auront pas le soutien de l’Otan pour monter une opération militaire contre Bachar et les Russes », note Camille Grand

AFP


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