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TCHAD : LE DICTATEUR HISSÈNE HABRE CONDAMNE À LA PRISON À VIE

TCHAD : LE DICTATEUR HISSÈNE HABRE CONDAMNE À LA PRISON À VIE

30 mai, 2016

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L’ancien président du Tchad Hissène Habré, reconnu coupable de crimes contre l’humanité, viols, exécutions, esclavage et enlèvement, a été condamné lundi à la prison à perpétuité. Il aété jugé à Dakar par le tribunal spécial africain. Le président de la Cour, le magistrat burkinabè Gberdao Gustave Kam, a précisé qu’il disposait de quinze jours pour faire appel de cette décision.

«Hissène Habré, la Chambre (ndlr : le tribunal spécial) vous déclare coupable (…) des crimes contre l’humanité de viol, d’esclavage forcé, d’homicide volontaire, de pratique massive et systématique d’exécutions sommaires, d’enlèvement de personnes suivi de leur disparition, de tortures et d’actes inhumains», a ajouté le président du tribunal. Il a poursuivi en expliquant que Hissène Habré a aussi été reconnu coupable «de crimes autonomes de tortures» et «des crimes de guerre d’homicide volontaire, de torture, de traitement inhumain et détention illégale» ainsi que «des crimes de guerre de meurtre, de torture et de traitement cruel» conformément à certains articles du Statut portant création du tribunal.

Né en 1942 à Faya-Largeau (nord), il grandit dans le désert du Djourab, au milieu de bergers nomades. Intelligent, il est remarqué par ses maîtres. Il part étudier en France avant de regagner le Tchad. A partir de 1974, il se fait connaître à l’étranger en retenant en otage – durant trois ans – l’ethnologue française Françoise Claustre, obligeant la France à négocier avec la rébellion.

Hissène Habré qui s’est emparé du pouvoir par les armes en 1982, est devenu rapidement un bourreau implacable, architecte d’une répression terrible qui marquera les huit années de son règne. Lors de son procès à Dakar, l’ex-président a été qualifié de «véritable chef de service» de l’appareil de répression par le procureur spécial Mbacké Fall. «Combattant du désert», «homme des maquis», «chef de guerre» : les qualificatifs abondent pour décrire les qualités militaires de Hissène Habré aux traits et au regard acérés, resté silencieux et impassible pendant toute la durée des audiences, hormis pour récuser le tribunal et ses avocats. Après l’énoncé du verdict, l’accusé, en turban et boubou blancs, lunettes noires, demeuré imperturbable depuis l’ouverture de l’audience, a levé les bras en saluant ses partisans et crié: «A bas la Françafrique!»

Auparavant, le juge avait expliqué que le tribunal «a été convaincu» par le témoignage de Khadija Hassan Zidane, qui a affirmé pendant le procès avoir été violée par Hissène Habré. Le juge a fait état de «rapports sexuels non consentis à trois reprises et d’un rapport buccal non consenti» imposée à Mme Zidane par M. Habré.

Le procès s’est ouvert en juillet 2015. Selon les organisations de défense des droits de l’homme, les crimes de guerre et de torture ont fait quelque 40.000 morts sous la dictature de Hissène Habré (1982-1990). Renversé, il avait trouvé refuge à Dakar où, pendant vingt ans, il a coulé un exil paisible. Au Sénégal, il a troqué treillis et casquette kaki pour un grand boubou blanc, avant d’être arrêté en juin 2013. Celui qui est né dans le désert avant de faire ses études à Sciences-Po Paris a alors été placé en détention provisoire. Une geôle qu’il n’a pas quittée depuis.

Bled.ma avec AFP


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