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Voter pour que rien ne change

Voter pour que rien ne change

4 novembre, 2015

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« Si voter changeait quelques chose, il y a longtemps que ça serait interdit », Coluche nous l’avait bien dit. Les élections communales et régionales du 4 septembre au Maroc le confirment. Ceux qui s’attendaient à un réel changement de la politique et de ceux qui la font, n’ont qu’a attendre et ceux qui s’attendaient à l’émergence d’une nouvelle élite d’hommes et de femmes compétents capables de participer à la consolidation et la pérennisation du processus démocratique en cours dans notre pays doivent faire preuve de plus de patience.

Nos partis politiques résistent toujours au changement et ils ont peur de renouveler leurs élites. Les mêmes têtes et les mêmes noms reviennent pour chaque élection. Ce qui confirme que la politique marocaine a sans aucun doute un sens aigu de la hiérarchie parfois basée sur la richesse et parfois sur l’appartenance à un clan familial ou tribal.

Les marocains se sentent appartenir fondamentalement à une tribu, à une religion, à une famille, à un quartier, à un métier, à un groupe économique, parfois même à une région, ce qui fait du Maroc un mélange divisé. Ils méprisent les compétences, les capacités, ils haïssent le progrès. Le changement leur fait peur.

Chez nous, les élites gouvernent longtemps. Très longtemps. Les personnalités qui occupent un poste à responsabilités y sont, sauf accident, jusqu’au terme non pas de leur carrière mais de leur vie. Trop rares sont les hommes politiques qui préparent leur départ et organisent la transition et la passation de pouvoir. En d’autres termes ils ne savent pas sortir par la grande porte.

Si en Occident, les élections sont un mode de désignation et de légitimation des élites capables de changer le quotidien des citoyens, chez nous les élections en elles- mêmes ne sont pas perçues comme pouvant changer grand-chose à la réalité. Elles ont simplement pour fonction de donner une occasion de se positionner, d’exister socialement et de renouveler une allégeance. C’est pour cela que Coluche avait raison, le vote n’est pas interdit parce qu’il ne change rien.

Par Amine SAAD

 

 

 


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